Le nerf de la guerre du véhicule électrique sera sa batterie. Or, avec l'ambition de vendre 2 millions de véhicules électriques en 2020 (contre 780 000 en 2017), la Chine va tirer ce marché qui cherche sa voie.

Ce composant onéreux est déterminant l'autonomie du véhicule Mais il suppose un savoir faire spécifique qui n'a pas celui des constructeurs automobiles. C'est pourquoi peu d'entre eux se hasardent à fabriquer eux-mêmes les batteries pour leurs modèles électriques.

Nissan s'est ainsi récemment séparé d'une production engagée avec son compatriote NEC. Une grande place s'ouvrent pour les équipementiers spécialisé dans cette chimie particulière.

5 ou 6 grands acteurs mondiaux


On estime que seuls cinq ou six groupes ont l'échelle de production suffisante pour fabriquer des batteries efficacement, à des prix compétitifs. Actuellement, la plupart des batteries utilisées sont à base de lithium et de cobalt, mais la technologie évolue et celle qui dominera dans quelques années n'est pas fixée. Voilà qui dissuade l'investissement.

Parmi les fabricants de batteries, les mastodontes chinois BYD et CATL (qui compte pour clients Volkswagen, Ford, Daimler...) s'appuient sur le marché chinois. Mais peuvent-ils faire autrement : Pékin impose aux constructeurs d'utiliser des composants produits localement.

En parts du marché mondial, CATL pourrait quasi-égaler cette année le japonais Panasonic.
CATL, qui verra ses capacités de production quintuplées d'ici 2020 grâce à une usine chinoise géante, s'apprête aussi à implanter un site en Europe.

Tensions autour du cobalt et du lithium


Les tensions s'intensifient autour du cobalt et du lithium, matières premières indispensables à la fabrication des batteries.

Selon le FMI, la demande de cobalt, dopée par l'automobile, pourrait représenter trois fois la production actuelle d'ici 2025. Le cours du métal a déjà triplé depuis début 2016.

Les firmes chinoises contrôlent une grande partie de l'offre de lithium, via les groupes Tianqi, Ganfeng. Les investissements chinois dans les mines de lithium dépassent le milliard de dollars.

Pour ce qui est du cobalt, des firmes chinoises contrôlent nombre de petites mines en République démocratique du Congo (RDC), d'où provient 60% de l'offre mondiale.

La Chine, championne de la chimie du cobalt


La majorité des exportations congolaises de cobalt sont destinées à la Chine, qui possède 80% des capacités de production chimique de cobalt affiné.

BYD s'est lui associé au groupe chinois de potasse Qinghai Salt Lake pour son lithium: prévoyant la raréfaction de l'offre.

Volkswagen cherche à signer pour cinq ans d’approvisionnement en cobalt et Toyota a pris en janvier 15% d'Orocobre, producteur de lithium en Argentine.

A terme, les avancées technologiques pourraient apporter une solution en abaissant drastiquement le niveau de cobalt des batteries, en sabrant les coûts. C'est notamment ce que promet Tesla.