Malgré des perspectives à long terme plutôt défavorables, les planteurs de betteraves et autres céréaliers ont de quoi être satisfaits. Leurs produits trouvent de plus en plus de débouchés sur le marché français, d'après les chiffres divulgués par le Syndicat national des producteurs d'alcool agricole (SNPAA).

La filière éthanol compte en effet sur deux produits : l'E10 (10% d'éthanol, 90% de sans-plomb) et l'E85 (85% d'éthanol), du moins pour les véhicules particuliers. Et sur ces deux carburants, tous les indicateurs se sont révélés à la hausse en 2016 : 46% des stations françaises proposaient de l'E10 en 2015, elles sont désormais 60% ; l'E10 représente 35,5% des essences consommées à l'heure actuelle, contre 33% un an auparavant. En Ile-de-France, la proportion grimperait même à 47% pour l'E10, selon le SNPAA, qui pense que le volume global consommé en 2017 devrait être supérieur à celui du SP 95 traditionnel. Une évolution logique, compte-tenu du fait que 70% des stations-service qui ont introduit l'E10 ont retiré leur pompe à SP 95.

Deuxième produit un brin plus confidentiel, le superéthanol E85. Celui-ci représente seulement 1% du volume total des supercarburants consommés en France, mais la demande a grimpé (en volume) de 11% en 2016. Le SNPAA précise que 144 stations supplémentaires ont fait le choix de proposer l'E85 à leurs clients, pour un total de 872 points de vente désormais.
L'E85 demeure une niche car à l'heure actuelle, seuls deux véhicules dits flex-fuel sont disponibles au catalogue : une Volkswagen Golf, et un Jeep Cherokee. Les ventes de Golf à éthanol ont largement progressé en 2016, mais tout de même : 1061 ventes de véhicules E85 l'an dernier, soit 0,05% du marché du neuf !
La filière éthanol parie désormais sur la commercialisation d'un kit E85 à disposition des véhicules essence. Ce kit, dûment homologué par l'Utac, permettrait aux véhicules de devenir bi-carburation. Selon toute vraisemblance, il devrait faire son apparition au printemps.