Le couperet est tombé. Les vieux diesel pourront être interdit de certaines villes allemandes.

En effet, la Cour administrative fédérale, installée à Leipzig, a rejeté les requêtes formulées par les Etats régionaux du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie : les villes de Stuttgart et Düsseldorf pourront désormais bannir certains diesels.

Au-delà de ces deux mégalopoles, un signal fort est adressé à quelque 70 villes qui  dépassent les seuils autorisés de pollution de l'air.

Cette jurisprudence ravit les écologistes.

"C'est un grand jour pour l'air pur", a réagi à Leipzig Jürgen Resch, le chef de l'association de protection de l'environnement DUH.

C’est lui qui est à l'origine de cette procédure pour forcer les autorités locales à durcir leur combat contre la pollution.

Les pressions de la Commission européenne


Les propriétaires de véhicules diesel les plus anciens, c'est-à-dire ne correspondant pas à la norme Euro 6, ne peuvent plus être certains  de pouvoir circuler dans les villes à tout moment, 365 jours par an. Plus de 10 millions de voitures roulant en Allemagne sont potentiellement concernées.

La DUH a en effet poursuivi plusieurs villes pour leurs manquements en termes de qualité de l'air et Berlin, réticente jusqu'ici à édicter des interdictions de circulation, est menacé de poursuites par la Commission européenne.

Quelque 70 villes allemandes présentaient encore en 2017 des taux de dioxyde d'azote supérieurs au seuil annuel moyen de 40 microgrammes/m3 édicté par l'Union européenne, d'après l'Office fédéral de l'environnement. Munich, Stuttgart et Cologne sont les plus touchées.

Berlin calme le jeu


"Mon objectif reste d'éviter que de telles interdictions de circulation entrent en vigueur", a déclaré la ministre allemande de l'Environnement, la sociale-démocrate Barbara Hendricks, résumant l'hostilité des responsables politiques allemands à cette perspective très impopulaire. "Les interdictions de circuler sont évitables", a-t-elle répété.