La prime à la conversion serait presque un raz-de-marée d'après le communiqué du ministère de l'Ecologie : "Au 10 mai, déjà près de 45 000 Français ont demandé à bénéficier de la prime à la conversion, ce qui représente un véritable succès. Le gouvernement s’était fixé un objectif de 100 000 primes par an, objectif qui sera dépassé si les demandes de prime se maintiennent au niveau actuel" s'enorgueillit l'exécutif.
Le ministère se veut enthousiaste car de surcroît, "les premiers chiffres qui remontent témoignent d’un fort usage par les ménages modestes, puisque 70% des primes distribuées bénéficient aux ménages non imposables pour un montant de 2000€" selon ses dires.

Le montant de 2000€ n'étant accessible que pour l'achat d'un VN /VO électrique ou d'un VO Crit'air 1 ou 2, il y a fort à parier que l'essentiel des primes distribuées concerne l'achat d'un VO thermique plutôt récent...

La prime à la conversion fonctionne puisqu'elle permet d'assainir le parc automobile, conformément aux voeux du gouvernement. Il est toutefois un domaine où la prime semble pêcher un peu : celui des remboursements. Certains concessionnaires font aujourd'hui état d'avances de trésorerie liées à la prime à la conversion fort conséquentes : 300 000 euros en attente de remboursement pour le groupe Parot pour sa plaque Ford du sud-ouest, 600 000 euros pour le groupe Manuel, etc.

Le dispositif ne semble pas mieux fonctionner pour les particuliers qui sont contraints de réaliser leur demande de prime eux-mêmes. Le député Guillaume Garot a ainsi déposé une question écrite au gouvernement sur le sujet en avril dernier. Il y fait remarquer qu'il "apparaît que de nombreux dossiers sont ainsi réceptionnés mais restent en instance faute de pouvoir être traités en raison d'un engorgement du service. Des particuliers ayant calculé leur budget d'acquisition automobile en tenant compte du versement de la prime se trouvent ainsi mis en difficulté".

Le souci des remboursements est en réalité la conséquence d'un autre problème, celui de la réforme des démarches de carte grise. Les plateformes en ligne liées au certificat d'immatriculation sont au mieux engorgées, au pire défaillantes. Un état de fait qui induit des retards dans la fourniture de divers documents comme le certificat de destruction par exemple, un sésame indispensable pour obtenir le versement de la prime à la conversion.