Séduire ceux qui roulent en diesel avec une électrique, un sacré pari...finalement partiellement réussi. Selon la note d'analyse de l'exécution budgétaire 2016 du compte d'affectation spéciale "Aides à l'acquisition des véhicules propres", la prime à la conversion "est un échec, à l'exception notable de celle accompagnant l'achat d'un véhicule électrique".

Explication : la prime à la conversion permettait l'an dernier, dans le cadre de la mise au rebut d'un véhicule diesel de plus de 10 ans, de bénéficier de 3700€ d'aide à l'achat pour une électrique, de 2500€ pour une hybride rechargeable ou encore de 500 à 1000€ pour l'achat d'une occasion, pourvu qu'elle soit Euro 5 ou 6. Or, selon les constatations de la Cour, seule la prime à la conversion pour l'achat d'une électrique a été sollicitée : "Un tiers des véhicules électriques ayant bénéficié du bonus ont également reçu une prime à la conversion, alors que le ratio prévisionnel était de 20%" notent les magistrats.

En termes de chiffres, cela signifie que sur les 27 131 dossiers de bonus électriques honorés l'an dernier, 9298 ont bénéficié de surcroit de la prime à la conversion. De bon augure pour la suite ? "Ce choix (ndlr, une baisse du budget de la prime à la conversion en 2017) semble indiquer que le ministère considère que le nombre d'acheteurs potentiels de véhicules électriques propriétaires d'un vieux diesel est désormais réduit, après les bons résultats obtenus en 2016 sur ce profil d'acheteurs" explique cependant la Cour des comptes.

Si la prime à la conversion pour les électriques cale en 2017, celle-ci pourra alors être considérée comme un échec sur toute la ligne. En 2016 en effet, 9666 personnes ont bénéficié d'une prime, pour un prévisionnel de 54 100 ! Plus cruel encore : le ministère de l'Ecologie tablait sur 34 000 primes de 500€ à verser pour des achats d'occasion Euro 5. L'insuccès a été tel que seules 4 personnes ont réclamé leur prime !

Mais plus que sur la prime à la conversion, la Cour des comptes a d'abord planché sur le bonus - malus. Il est possible de considérer que 2016 a été une année sans grand relief de ce côté-ci, après les dérapages financiers des années antérieures. Le système dans son ensemble s'est révélé une nouvelle fois bénéficiaire, de 37,5 M€. L'explication est aussi toute trouvée pour la Cour, sachant que le but est plutôt de terminer à zéro qu'en situation de bénéfice : "Comme en 2015, l'écart entre le coût prévisionnel et le coût constaté provient principalement d'un niveau plus faible qu'attendu des ventes de véhicules électriques" indique la note de la Cour, qui relève que les hybrides non rechargeables ont connu une destinée inverse. Certes, mais la Cour ne signale pas que cet état de fait a aussi été entrainé par l'arrêt annoncé des bonus sur les hybrides en 2017, d'où une relative ruée sur les ces modèles en fin d'année dernière...

La Cour des comptes a en outre noté une baisse de recettes des malus en 2016 de l'ordre de 12% : 265,6 millions d'euros de gain pour 11,6% des voitures neuves concernées, contre 301 millions d'euros et 13,6% de VN visés en 2015.