La dé-diésélisation est en route un peu partout en Europe, particulièrement en France. L'ACEA, qui fédère tous les fabricants d'autos du Vieux continent, a agrégé les chiffres du premier semestre pour l'Europe des 15. Bilan : 46,3% des véhicules neufs vendus étaient des diesels, contre 50,2% au premier semestre 2016. Ce qui se traduit par 152 323 moteurs à gazole de moins vendus.
A contrario, la part des voitures fonctionnant au sans-plomb a progressé : 48,5% sur les six premiers mois 2017, 45,8% à pareille époque l'an dernier. Les voitures à essence ont représenté 3 658 088 unités distribuées ; l'association note avec à propos que depuis 2009, on n'avait pas vu les ventes de véhicules à essence dépasser celles des diesels sur le continent.

Des chiffres qui, corrélés à une relative lenteur de la montée en puissance des véhicules à moteurs alternatifs, inquiètent l'ACEA : "Les politiques doivent bien être conscients qu'un soudain basculement du diesel vers l'essence mènera à une augmentation des émissions de CO2, sachant que la pénétration des motorisations alternatives demeure faible" indique ainsi Erik Jonnaert, le secrétaire général de l'association.

Un sujet qui contrarie les constructeurs parce qu'ils risquent de devoir payer des pénalités à Bruxelles s'ils n'atteignent pas leurs objectifs chiffrés dès 2021 (95 g de CO2 en moyenne par gamme).

En France, sur les 8 mois écoulés, les diesels sont encore majoritaires dans les ventes de VN : 47,8%, contre 47,3% aux voitures à essence... qui ont vu leurs immatriculations progresser de 13,7% depuis le début de l'année.