C’est un pavé dans la mare de la cogestion.


« Les représentants syndicaux de Volkswagen devraient se concentrer sur les questions liées au personnel et ne pas s'impliquer dans d'autres aspects de la gestion de l'entreprise », a déclaré au magazine Stern le président de Porsche Wolfgang Porsche, actionnaire de contrôle du constructeur

Les représentants du personnel ont obtenu en avril 2018, pour la première fois, un siège au directoire de Volkswagen. Selon les analystes, dit Reuters, ce geste visait à obtenir le soutien du puissant comité d’entreprise à la nomination d’un nouveau président du directoire et à une révision en profondeur de la structure du groupe.

Les syndicats freineraient la réduction des coûts


Certains redoutent cependant que cela puisse freiner le groupe dans ses efforts de réduction de coûts et d’amélioration de son efficacité au moment où il engage d’importants investissements dans les véhicules électriques et les technologies de conduite autonome.

En Allemagne, les syndicats ont généralement leur mot à dire sur la manière dont les entreprises sont gérées en vertu du principe de cogestion entre patronat et salariés. Au sein du groupe Volkswagen, leur influence est particulièrement importante en vertu d’un accord conclu après la Seconde Guerre mondiale.

Les dirigeants syndicaux devraient participer à la prise de décisions sur les questions relatives au personnel “mais (la cogestion) devrait se limiter à cela et ne devrait pas donner lieu à une velléité de codirection”, a déclaré Wolfgang Porsche, qui appelle à une “séparation des pouvoirs”.

Vers une accélération de la restructuration du groupe


Wolfgang Porsche est président du conseil de surveillance de Porsche SE, la holding grâce à laquelle les familles Porsche et Piech contrôlent la majorité des droits de vote du groupe Volkswagen.

Wolfgang Porsche a également dit s’attendre à ce que le nouveau président du directoire de Volkswagen, Herbert Diess, accélère la restructuration du groupe. Or, avant de remplacer Matthias Müller à la présidence du directoire du groupe, Herbert Diess s’était heurté à plusieurs reprises au chef du comité d’entreprise, le représentant syndical Bernd Osterloh, concernant la mise en oeuvre d’un programme d’économies au sein de la marque VW, qu’il dirigeait.

C'est bien la direction qui dirige


Dans une interview au quotidien allemand Handelsblatt, Bernd Osterloh a rejeté les allégations selon lesquelles les responsables syndicaux dirigent Volkswagen et il a assuré que la direction de l’entreprise était bien responsable des décisions prises.

“Et si elle (la direction) est à la hauteur de cette responsabilité, prend des décisions sensées et assure le leadership, alors nous n’avons rien à dire”, a-t-il déclaré.

Les représentants syndicaux et le Land de Basse-Saxe détiennent plus de la moitié des 20 sièges du conseil de surveillance de VW, qui ratifie les décisions stratégiques en matière d’investissement, de fermeture d’usines et de nominations de cadres.