La grande alliance intègre donc la plateforme de VTC et d’autopartage que Didi Chuxing vient d’ouvrir pour proposer des services sur la base de flottes électrifiées. Une nouvelle pierre lancée par le groupe chinois dans le jardin d’Uber, qu’il a d’ores et déjà réussi à bouter hors de son marché domestique.

Outre Renault, Nissan et Mitsubishi, cette plateforme réunit BAIC BJEV, Ford via ses partenaires Changan Automobile Group et Zotye Automobile, mais aussi Chery Automobile, Geely Auto, Dongfeng, JAC Motors, First Auto Works, Hawtai Motor ou encore Kia Motors.
Dans un premier temps, il apparaît logique que l’alliance puisse fournir des véhicules ou des packs de batteries à Didi, mais plusieurs observateurs estiment que l’on peut voir plus loin, eu égard à la notion de plateforme ouverte notamment, pour se projeter sur un programme d’autopartage de véhicules électriques au sens large.

« Cette coopération est totalement cohérente avec les développements en cours au sein de l’alliance sur les véhicules électriques, connectés et autonomes et sur les nouveaux services de mobilités susceptibles de prendre de l’envergure », commente d'ailleurs Ogi Redzic, senior vice president Connected Vehicles & Mobility Services pour Renault-Nissan-Mitsubishi.

A l’heure où la concurrence se durcit sur le front de l’autopartage, Didi Chuxing veut accélérer, afin de gagner une position dominante sur un marché que certains analystes, dont les équipes de Global Market Insights, estiment potentiellement à 16,5 milliards de dollars en 2024, contre seulement 1,2 milliard en 2015. La Chine, pour des raisons de congestion et de contraintes environnementales, fait partie des marchés promis à un fort développement. Didi Chuxing l’a bien compris et affirme exploiter d’ores et déjà 260 000 véhicules électrifiés via sa plateforme, tout en annonçant un objectif d’un million d’unités à l’horizon 2020.

Didi est aussi attentif à son développement international dans la mesure où il a pris une participation dans Lyft aux Etats-Unis, ce qui lui assure des relations privilégiées avec plusieurs constructeurs, et dans 99 au Brésil, par exemple. En Europe, dont la France, Didi a entrouvert la porte par le biais d’un accord avec Taxify.