« Aujourd’hui on ne peut pas travailler en toute indépendance, nous sommes forcés de travailler dans le sens de la compagnie d’assurance, de la caresser dans le sens du poil pour qu’elle nous donne plus de missions que le collègue d’à côté ». Voici ce qu’il est possible d’entendre dans le reportage de Turbo sur les dessous de l’assurance automobile, diffusé le 4 juin 2017 sur M6.
L’émission a donné la parole à un expert automobile exerçant dans un grand cabinet (il a souhaité rester anonyme) afin de démontrer que la profession n’agit pas en toute indépendance.

Il ajoute même que ce comportement « peut donc aboutir à ce que l’expert omette volontairement des éléments endommagés dans le sinistre, favorise l’emploi de pièces douteuses, ou élimine certains points de contrôle, car dans certains dossiers on nous demande presque de les enlever pour diminuer le coût total de la réparation finale ».

Ce que l’ANEA dénonce

Alors forcément, l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA) est montée au créneau. Elle dénonce fermement les "allégations calomnieuses" de ce témoin et rappelle qu’un expert ayant ce comportement serait pénalement répréhensible et très lourdement sanctionné.

« Les propos tenus par ce professionnel sont plus que douteux car notre code de déontologie nous protège totalement sur ce plan et permet à tout expert de ne subir aucune pression de cette nature. Et nos clients assureurs sont en parfait accord avec ce code qui fait également référence auprès de notre ministère de tutelle », souligne François Mondello, président de l’ANEA.

Outre la gravité des insinuations dans le reportage, François Mondello dénonce également l’intervention du représentant de l’ANEA interviewé. Selon lui, l’interview n’a pas été tournée récemment mais il y a plusieurs mois et dans un tout autre contexte.

L’ANEA rassure

Conformément au code civil et au code de la route, et comme le mentionne aussi Turbo, l’expert a pour mission de chiffrer les dommages matériels après un accident de circulation à la demande de l’assureur. Il a donc un rôle dans l’évaluation du coût de la réparation dans le but de parvenir à un accord.

Pour le président de l’ANEA, les manquements aux intérêts généraux et sécuritaires sont passibles d’une radiation de la liste nationale des experts en automobile. François Mondello propose donc à cet expert anonyme de justifier son discours en mettant à sa disposition des éléments probants :

« Je m’engage personnellement à conduire toutes les actions pour que ces faits, s’ils étaient avérés, disparaissent à jamais. L’ANEA tient à rassurer les assurés et les usagers par son engagement dans la moralisation de son activité. Ainsi, les instances peuvent être saisies par tout expert qui considère être contraint et par tout particulier qui considère être floué », appuie l’ANEA.