En trois ans, nous sommes passés de Consumer Electronic Show à Car Electronic Show tant la voiture domine dans les halls de présentation. Les commentateurs s’en sont fait l’écho, formidable, enfin, la voiture serait bien l’objet connecté ultime ! Nous le savions mais c’est bien ainsi. En Arizona, la machine à rêver est prête à rejouer sa petite musique.

De quel avenir parlons nous ? Point de voitures volantes ou invisibles, mais quelques designs futuristes. On a vu des processeurs de plus en plus puissants, des écrans tactiles de plus en plus tactiles, des promesses d’autonomie… On a vu encore des hologrammes dans les véhicules comme nouvelles interfaces homme machine ou derrière les véhicules pour avertir les suivants d’un danger… On a vu enfin des véhicules électriques de plus en plus rapides…. avec comme point d’orgue un SUV futuriste abattant le 0 à 100 km/h en 2,39 secondes (les enfants dans les sièges bébés apprécieront que la voiture de papa accélère plus vite que la gravité). Nous sommes ici dans le règne du toujours plus, mais après tout, c’est Las Vegas.

Qui mangera qui ?

A y regarder de plus prêt pourtant, la technologie est en train de nous préparer une de ces petites révolutions invisibles dont elle a le secret. La collaboration entre l’industrie automobile et les GAFA constitue un des sujets favoris des observateurs.
« Qui mangera qui » semble pourtant la seule dialectique acceptée jusqu’alors pour décrire l’évolution d’une relation aussi compliquée qu’impérative entre ces deux bâtisseurs de demain. Depuis l’annonce en 2014 des lancements de Carplay (Apple) et Android Auto (Google,) deux OS destinés à transporter dans la voiture l’expérience familière du téléphone portable, peu d’avancées visibles portant. Rien, et voilà que c’est par le biais des assistants personnels digitaux que les lignes semblent bouger.
Ces assistants personnels dopés d’intelligence artificielle et de synthèse vocale nous permettent déjà de demander la météo, commander une pizza ou encore régler notre chauffage simplement en leur parlant.
Home chez Google, Siri chez Apple, Cortana chez Microsoft ou encore Alexa chez Amazon sont amenés à devenir le centre névralgique de nos maisons connectées. Or, il se trouve que cette expérience est transférable dans la voiture.

Digital Continuity

Coup sur coup des coopérations viennent d’être annoncées par plusieurs grands groupes automobiles afin d’intégrer ces technologies dans les véhicules et réaliser ce vieux rêves de la Silicon Valley : la continuité digitale. « Continuity » entre l’expérience vécue grâce au smartphone, dans la maison grâce à l’assistant personnel et bientôt dans la voiture. La vie digitale sera fluide et sans accrocs, les agendas seront partout synchronisés et une chanson commencée dans le salon pourra reprendre dans la voiture à l’endroit même où on l’avait quittée. Le potentiel est inouï et une multitude de service restent à inventer dans ce nouveau paradigme digital. Home, Cortana, Alexa, Siri bientôt ces noms nous serons plus que familiers. Nous ne savons pas encore quand arriveront les futurs véhicules autonomes, pas plus que les intelligences artificielles qui les conduiront.
Il se pourrait néanmoins que nous connaissions déjà leurs prénoms.

Guillaume Crunelle, Associé responsable Industrie Automobile chez Deloitte