La mobilité propre s’inscrit au cœur des enjeux du développement durable. De plus en plus d’usagers des transports se sentent aujourd’hui concernés par ces enjeux, et les fréquents pics de pollution nous rappellent qu’il y a urgence à agir. Autour de la circulation, les restrictions ne cessent de s’étendre, à l’image de la dernière en date, la fameuse vignette Crit’Air. Mais si, au lieu de multiplier les contraintes, la solution se trouvait dans un choix politique clair en matière de stratégie énergétique ?


Voitures électriques : des freins à l’adoption


D’ici 2023, les ventes mondiales de voitures devraient progresser de 2,8%1 par an. Au cours des 15 prochaines années, les véhicules électriques ou hybrides représenteront plus de la moitié des ventes de véhicules neufs. 

Pourtant aujourd’hui, en France, la voiture électrique représente tout juste 1% des ventes de véhicules. On peut donc légitimement s’interroger sur les raisons qui freinent son adoption. Tout d’abord, des critères qui sont indissociables du véhicule lui-même : son prix et surtout son autonomie insuffisante. Mais au-delà de ces questions qui sont en passe de se résoudre, ce sont les infrastructures elles-mêmes qui ralentissent son expansion.


En effet, pour assurer le développement de la voiture électrique, il faudrait investir massivement dans les bornes de chargement des grandes villes, d’une part, mais également en implanter, avec un maillage suffisant, dans les liaisons entre villes. Pour la France, le coût estimé est de 50 milliards d’euros, dont 10 pour la seule ville de Paris. Un montant élevé, certes, mais qui doit être relativisé au regard des 60 milliards d’euros dépensés chaque année dans notre pays pour l’approvisionnement en pétrole.

Prendre une direction ferme en matière de politique énergétique


Il s’agit donc bien là de prendre des décisions politiques  créant une visibilité à long terme, pour rendre possibles les choix de Recherche et Développement et d’Investissement. À ce jour, dans notre pays, cette question se décide de façon décentralisée, par région. Faute d’un choix énergétique national clair, le développement de la voiture propre restera limité.

Prenons l’exemple du Japon. Ce pays a récemment annoncé sa décision de développer l’hydrogène sur son territoire pour sa mobilité, mais aussi pour son chauffage, son éclairage… De son côté, l’Allemagne s’est lancée dans la transition vers des énergies propres à travers le développement des énergies solaires et éoliennes.

En France, aucune position allant dans un sens ou dans un autre n’a été actée, les constructeurs  se retrouvent en attente d’une décision des pouvoirs publics, car passer à la batterie dans un contexte favorisant l’hydrogène serait absurde et inversement. Il est par conséquent difficile de donner l’impulsion nécessaire à la mise en place d’une mobilité propre.


Les véhicules hybrides, le plus court chemin vers une mobilité propre



À court terme, les véhicules hybrides et hybrides rechargeables semblent les mieux positionnés pour faire évoluer notre parc automobile. Par rapport à l’électrique, les avantages de ces technologies sont réels pour s’imposer sur les routes : pas de limite en matière d’autonomie, la possibilité d’utiliser l’infrastructure actuelle pour recharger les véhicules et l’utilisation des chaînes de production existantes pour leur construction.

Le prix des véhicules hybrides et des voitures électriques reste élevé, même si certains hybrides se rapprochent désormais du diesel, avec un écart de l’ordre de 10 à 20%. Quant à l’offre, elle ne cesse de se diversifier, via l’apparition de véhicules de taille intermédiaire, toujours plus abordables.

Mais, là encore, des ajustements seront nécessaires. Ainsi, au 1er janvier, la grille bonus/malus a été modifiée, diminuant considérablement l’avantage accordé à l’hybride pour le reporter sur l’électrique. Or, cette incitation à l’achat est un facteur décisif pour encourager les français à sauter le pas.  

Les choix politiques et énergétiques qui seront les nôtres dans les années à venir seront donc déterminants pour le développement d’une mobilité propre. Reste à savoir quelle route nous voulons emprunter…

1) Chiffres issus de l’étude annuelle d’AlixPartners, « Un tournant pour l'industrie automobile : perspectives mondiales du secteur automobile 2016 », juillet 2016