La décision de Jaguar Land Rover de ne plus fabriquer le Discovery au Royaume-Uni mais en Slovaquie signe-t-elle le début d’une hémorragie qui va saigner le secteur automobile d’Outre-Manche?

C’est ce que semble penser, Paul Dreschler, le président de la CBI, la principale organisation patronale du Royaume-Uni.

"Si nous n'avons pas d'union douanière, il y a des secteurs industriels au Royaume-Uni qui seront menacés d'extinction", a-t-il assuré, sur la BBC. L'industrie automobile serait particulièrement touchée si un éventuel accord entre Londres et Bruxelles ne garantissait pas un commerce sans aucune friction avec l'UE après le Brexit".


La Première ministre britannique Theresa May est sous pression de conclure un accord assurant au moins une certaine forme de partenariat douanier avec l'UE, au moment où la loi organisant la sortie du Royaume-Uni est étudiée par le Parlement.

Les accords bilatéraux : un mythe inventé par les partisans du Brexit


La dirigeante conservatrice doit concilier l'engagement de maintenir de bonnes relations commerciales avec l'UE avec celui d'une véritable séparation permettant au Royaume-Uni de conclure ses propres accords commerciaux bilatéraux à l'avenir.

Le président de la CBI a jugé qu'il n'y avait "aucun élément" laissant penser que ce type d'accords bilatéraux avec d'autres pays du monde serait vraiment profitable à l'économie du pays. "Tout cela, c'est un mythe" inventé par les partisans d'un Brexit sans concession, a-t-il martelé.

Le secteur automobile au Royaume-Uni s'appuie sur des constructeurs étrangers implantés sur son sol davantage que sur des champions nationaux. Il était en plein essor depuis le début de cette décennie mais a dû enterrer son objectif de produire 2 millions de voitures par an dans la foulée du référendum pour le Brexit.