Le courant ne passe pas encore vraiment. La Renault Zoé peine toujours à séduire les entreprises. En effet, selon l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE), son coût d’usage reste élevé comparé à celui des véhicules thermiques équivalents du constructeur au losange.

Ainsi, pour une Zoé Zen (25 440 euros au catalogue en mai 2017), le prix de revient kilométrique (PRK) calculé selon la méthode du TCO Scope de l’OVE, atteint 0,419 euros. Ce chiffre est à comparer aux 0,387 euro d’une Clio Essence (17 540 euros au catalogue) et aux 0,385 euro d’une Clio Diesel (20 140 euros).

Pourquoi la Clio est moins compétitive


« Les raisons de ce manque de compétitivité de la Clio, pourtant soutenue par une aide à l’achat, persistent d’une année à l’autre, constate Bernard Fourniou, président de l’OVE . La dépréciation de Zoé reste supérieure à celle des modèles thermiques, le coût de l’énergie est impacté par la location de la batterie (plus de 4 700 euros sur la période considérée), l’infrastructure de recharge et le coût de la recharge elle-même. »


Petite consolation :  du côté des utilitaires légers, le Kangoo ZE fait presque jeu égal avec sa version diesel : 0,334€ contre 0,332€.

Le coût d'usage de la Golf E est devenu intéressant


Chez le concurrent Volkswagen, la Golf E se révèle plus avantageuse que les versions thermiques du modèle (ce qui n’était pas le cas lors de la dernière étude de l’OVE). Son PRK s’établit à 0,568 € contre 0,639 € pour l’essence et 0,660 € pour la diesel (calcul fait sur 48 mois et 60 000 km). Par contre, la Golf GTE, hybride rechargeable ne se révèle pas du tout compétitive : 0,681 €.

La version électrique du best-seller de Volkswagen ressort donc désormais largement gagnante de ce comparatif. Bernard Fourniou l’explique par plusieurs facteurs.

"Le  bonus à l’achat de 6000 € ramène le coût d’achat du véhicule à la hauteur des motorisations essence et diesel. Le coût de l’énergie est aussi très favorable au véhicule électrique dans un rapport de 1 à 3 (ce ne serait pas le cas si Volkswagen louait les batteries comme Renault). Les charges sociales et fiscales sont inférieures de près de 37% à celle de motorisations essence et diesel. Enfin, les nouveaux plafonds d’amortissement des véhicules en vigueur depuis le 1er janvier 2017 ont un impact très fort sur les coûts d’usage. »


Des véhicules électriques encore peu présents dans les entreprises


Même si l’on constate des améliorations, le courant a donc toujours du mal pour l’électrique dans les entreprises. En 2016, les véhicules électriques représentent 1,2% des immatriculations des entreprises (VP + VU), soit 0,18 point de plus par rapport à 2015. Au total, 9 441 VP et VUL roulant à l’électricité ont été immatriculés l’année dernière, soit une hausse de 26,4%.

Malgré les subventions non négligeables à l’achat pour ce type de véhicule (6300 euros en 2016 et 6000 euros depuis le 1er janvier 2017) et un réseau de bornes de recharge qui s’étoffe progressivement (15 883 bornes publiques au 1er janvier 2017 à travers 5297 stations), les ventes de VE ont encore du mal à décoller dans les entreprises.

Au cumul des 5 premiers mois de 2017, les VP électriques représentaient 1,2% des achats de véhicules des entreprises, les hybrides 1,6%, les VU électriques 1,3% et VU hybrides 0,2%.