Les Français se détourneraient-ils du diesel ? A en croire nos experts Tony Gréaux et Alexandre Mahé, consultants stratégie au sein de l’Argus conseil, la réponse est oui. Cette motorisation est clairement en perte de vitesse puisque selon les résultats du premier baromètre sur l’avenir des énergies automobiles*, moins d’un possesseur de véhicule diesel sur 2 (42%) a l’intention d’en racheter un.

« Les raisons de ce déclin sont simples, le diesel a une mauvaise réputation depuis quelques années, plus particulièrement depuis le scandale Volkswagen. Il y a une perte de confiance vis-à-vis des constructeurs mais surtout une prise de conscience des automobilistes au niveau du risque sanitaire », souligne Tony Gréaux.

Infographie : le diesel en perte de vitesse. Source groupe Argus

Les experts expliquent également ce constat par rapport à l’offre catalogue qui a complètement changé d’orientation. Le diesel n’est plus du tout une priorité. Et dans l'étude, près de 75% des automobilistes interrogés estiment d’ailleurs que le moteur à gazole a peu, voire, plus d’avenir.
Mais les gros rouleurs persistent puisque 46% des sondés comptent racheter un diesel.



Les possesseurs de véhicules à essence, quant à eux, se sentent toujours protégés et se montrent plutôt conservateurs. Ils sont 65% à envisager la même motorisation pour leur prochaine voiture.

L’essence serait donc perçue comme un choix de "refuge" et l’hybride, comme le meilleur compromis. Les Français se laissent donc convaincre peu à peu par les motorisations alternatives car 20% de possesseurs de diesels se tourneraient vers l’hybride.

Les projets d’achat à court terme (6 mois) favorisent le thermique, soit 45% contre 11% pour l’hybride mais les deux motorisations se valent pour un achat envisagé à deux ans, soit 33% pour les deux. Notons que le diesel chute de 38% à 25% sur les deux périodes comparées.
Concernant le VO, alors que 1/3 des intentionnistes VN sont "ouverts" aux énergies alternatives, 8 intentionnistes VO sur 10 restent "attachés" aux moteurs thermiques. Les experts expliquent ces résultats par la pénurie hybride du marché actuel et un surplus de diesel comparé à la demande.

« C’est clairement lié à une offre de motorisations alternatives encore trop réduite aujourd’hui alors qu’on espère qu’elle sera très présente chez toutes les marques d’ici 2 ans », analyse Tony Gréaux.

Infographie : motivations et freins à l'achat. Source groupe Argus
Infographie : offre et demande indissociables. Source groupe Argus

 
Seulement quelques freins à l’achat et à l’utilisation des motorisations hybrides subsistent. L’offre des marques françaises sur l’hybridation de ces produits est quasi inexistante : seuls 17% des sondés pourraient s’orienter vers les constructeurs français contre 50% vers les marques asiatiques. De plus, 52% jugent l’offre globale chère et inadaptée, 45% l’autonomie trop limité et 33% le chargement trop contraignant.

La désaffection du diesel qui se retrouvent à travers les chiffres de ce sondage sont confirmés par les ventes sur les quatre premiers mois de 2017 avec le gazole qui tombe sous la barre des 50%, soit 47,6% contre 52,6% début 2016. Un vrai coude-à-coude avec le moteur à essence qui arrache la même part de marché. L'hybride a également percé avec 25 523 immatriculations VP, soit 3,6% contre 17 522 sur le quadrimestre 2016.



*Enquête réalisée en ligne sur le site L’argus.fr
Entre le 22 février et le 8 mars 2017
2100 questionnaires renseignés
Durée du questionnaire : 4 minutes 01