Le dieselgate entre dans sa phase politique. Afin de rassurer des Allemands qui craignent de devoir payer pour les mensonges de l'industrie, les politiques attaquent le secteur automobile.

Mais la chancelière conservatrice et Martin Schulz doivent trouver le bon dosage. Entre la défense des propriétaires lésés de voitures diesel et la sauvegarde d'une industrie comptant 800.000 emplois directs, la marge de manœuvre est étroite. Mais ils leur faut s’en distancer tant les passerelles entre monde de l'auto et classe politique sont nombreuses.

"+La méchante grande industrie doit changer+ s'annonce comme un leitmotiv de la campagne", affirme à l'AFP Nils Diederich, professeur de sciences politiques à l'Université libre de Berlin, deux ans après le début du "dieselgate".

Angela Merkel est passée à l'offensive, après avoir été critiquée pour son silence quand la presse révélait en juillet des soupçons de cartel entre Volkswagen, ses filiales Audi et Porsche, ainsi que Daimler et BMW.

Restaurer la confiance


"Des pans entiers de l'industrie automobile ont sapé une part incroyable de confiance" des consommateurs, aussi "des mesures sont à prendre", a lancé la chancelière et favorite du scrutin du 24 septembre.

De son côté, Martin Schulz a fustigé des patrons "irresponsables" qui "se sont assoupis face à l'avenir." "Les conducteurs de diesel en Allemagne ne devraient pas avoir à payer la facture pour leur irresponsabilité", dit-il, alors que les automobilistes craignent de devoir payer pour rendre leurs véhicules moins polluants.

Hypocrisie


Le social-démocrate a aussi proposé d'instaurer un quota européen de voitures électriques, une idée rejetée par Mme Merkel qui veut plutôt encourager l'investissement dans des technologies thermiques plus propres, un virage pris trop tardivement par les groupes allemands.

Reste que selon les commentateurs, ces discours sont teintés d'hypocrisie compte tenu des liens entre les deux grands partis, CDU de Merkel et SPD de Schulz, avec les géants automobiles.

"Ils ne vont pas gagner beaucoup de nouveaux soutiens, le public allemand est conscient de la relation étroite entre l'industrie auto et les politiques", assure Carsten Brzeski, économiste en chef de ING Diba.