Le ministères de l'Industrie et des Mines d'Algérie est parvenu à mettre le feu aux poudres avec un simple document de 4 pages intitulé "Liste des prix sortie usine des véhicules particuliers montés ou fabriqués en Algérie". Un document qui permet en effet de connaitre les marges des constructeurs industriellement présents en Algérie : Renault, Hyundai, Kia et Volkswagen.

La réaction du public n'a pas tardé, puisque quelques heures plus tard était lancé sur Facebook une campagne appelée "Khalila t sedad", qui se traduirait par "laisse-là rouiller". Les internautes à l'origine du mouvement appellent les Algériens à boycotter les voitures assemblées en Algérie, au prétexte qu'elles seraient beaucoup trop chères et surtout pas réellement fabriquées dans le pays : il s'agirait de kits en provenance de divers endroits du monde.

La fédération algérienne des consommateurs a réagi de concert. Elle a appelé à "lutter contre les spéculateurs et les intermédiaires illégaux qui exploitent la situation économique que connait le marché des véhicules neufs en Algérie et d'empêcher les intermédiaires de monopoliser la distribution sur le marché".

La lecture du document publié par le ministère de l'Industrie et des Mines est effectivement instructive. Premier constructeur local, Renault, avec une part de marché qui atteint presque 60% sur les deux premiers mois de l'année. Renault assemble des Symbol (Dacia Logan en Europe) et des Dacia Sandero stepway dans son usine sise à Oran. Entre les prix sortie usine et ceux affichés sur Internet, L'argus a relevé des écarts allant de +11,7% (Renault Symbol diesel 1.5l) à +21,7% (Dacia Sandero stepway diesel 1.5l) : "Nous produisons au plus près de nos clients pour être au meilleur prix" explique le constructeur, qui ne compte pas baisser ces prix en raison de la polémique actuelle.

Les autres constructeurs présents sur le sol algérien semblent en effet s'octroyer des marges un brin plus généreuses. Exemples : +22,1% entre le prix sortie usine et le premier prix public pour un Hyundai Creta 1.6 GL ; +24,1% pour un Kia Sportage 2.0 LX 4x2... Mais au sein du groupe Volkswagen, il s'agit d'une autre histoire : +21,6% de différence pour une Seat Ibiza 1.6 Style, mais aussi +32,5% pour une VW Golf TDI Start ou +33,3% pour une finition Comfortline. Etc.

Selon le quotidien El Watan le souci provient du mode des fabrications des autos en Algérie, "à savoir le SKD. Devant être un début à plus d'intégration à travers la mise en place des usines de sous-traitance, qui se chargeront de fabriquer localement les pièces détachées nécessaires à l'industrie automobile, le système reste inchangé depuis 5 ans" écrit le quotidien.

Un fait qui n'empêche pas les constructeurs français de miser gros sur l'Algérie. Renault fait observer que le taux d'intégration de l'usine d'Oran est d'ores et déjà de 30%, et que les 40% sont visés en 2019, grâce à l'édification d'un nouvel établissement industriel. En attendant, la Clio produite en Algérie devrait être dans les showrooms d'un jour à l'autre... PSA, de son côté, a aussi fait savoir que son usine algérienne serait prête dès cette année, pour fournir à plein dès 2019.