La filière du GPL veut surfer sur les vagues législatives et réglementaires pour devenir une alternative crédible et efficace. C’est la conviction de Joël Pedessac, directeur général du CFBP (comité français du butane et du propane), qui a tenu une conférence de presse à Paris, le 10 mars, sur thème « Qualité de l’air : le GPL reprend sa place, dans le projet de transition énergétique, sur le marché automobile et dans tous les parkings".

Un modèle GPL est-il un véhicule propre?

Ce gaz carburant dépend fortement des coups de pouce que veulent bien lui donner les Pouvoirs publics. En 2010, les bonus écologiques avaient propulsé les ventes de véhicules GPL à quelque 75 000 unités. Suite à l’arrêt de ces incitations, les ventes sont retombées à 2500 unités l’année dernière.  Le CFBP entend bien profiter des pressions sociétales en faveur des véhicules propres pour relancer la filière. La loi en cours d’élaboration sur la transition énergétique pourrait fournir une opportunité. A condition que la définition du véhicule propre à promouvoir lui soit favorable. Contrairement aux diesels montrés du doigt, le GPL émet peu ou pas de particules nocives (ce que reconnaît officiellement le Parlement européen). Néanmoins, il rejette du CO2 (mais moins qu’un véhicule à essence).

Le GPL au secours des villes

Le plan antipollution de la mairie de Paris, comme les politiques de nombreuses grandes agglomérations, pourraient constituer un tremplin pour sa promotion. C’est d’abord la pollution locale, celle par particules qui est dans le collimateur de nombreuses municipalités. Le GPL pourrait être la bonne réponse, notamment avec l’instauration d’axes à basses, voire ultra-basses émissions.

Une  mauvaise réputation qui n'est plus méritée

Sans attendre, le GPL a besoin de redorer son image, ternie par les premières générations de véhicules à risque. Sur les 260 000 véhicules GPL que compte le parc français, tous les véhicules disposent aujourd’hui d’une soupape. En effet, au fil des ans, avec l’arrivée des nouvelles générations de modèles et avec les contrôles techniques obligatoires imposant l’installation d’une soupape, le parc ne présente aujourd’hui aucun risque de provoquer une explosion. Pourtant les parkings jusqu’à présent continuaient d’interdire les véhicules GPL. A leur entrée, cette mauvaise publicité contribuait à entretenir cette sulfureuse réputation.  Alors que l’interdiction des véhicules GPL dans les parkings souterrains est levée depuis 2006, un français sur deux continue de penser que c’est toujours le cas. Mais les choses vont changer.

Bienvenue au GPL dans les parkings

La parking Marceau-Etoile, de Q-Park, souhaite la bienvenue aux véhicules GPL.
La filiale française de la société de parking néerlandaise Q-Park qui gère 195 parkings dans 80 villes de l’Hexagone a, petit à petit, remplacé tous les panneaux d’interdiction auxquels elle a substitué le message « Bienvenue au GPL ».

« Cette mesure est toute simple, mais elle agit sur l’inconscient de nos concitoyens », s’enthousiasme Michèle Salvadoretti, directrice générale de Q-Park France.

« En France, on dénombre 1750 stations GPL (soit 1 sur 7) dont 870 en Ile-de-France et 8 à Paris, de quoi faire rouler le parc GPL sans imposer des déplacements démesurés, commente Joël Pedessac. Nos études attestent qu’en France, les ventes de véhicules GPL pourraient être supérieures à 50 000 par ans sil e GPL bénéficiaient d’efforts de communication comparables à ceux qui sont mis en œuvre par le gouvernement pour promouvoir les véhicules électriques ou hybrides et si, en plus, une incitation à l’achat, minime de 200 euros, était proposée sous forme de bonus ».