Les mutations des comportements d’achat des consommateurs dans le retail et leurs traductions avérées ou pressenties dans le domaine de l’automobile nous obligent à (nous) poser des questions sur les enjeux pour la distribution automobile.
Grâce à l’audience de largus.fr, premier site automobile grand public de France, Argus Conseil a pu effectuer une large enquête auprès d’automobilistes en phase d’achat ou de vente.

L'achat

En matière de carrosserie, le SUV (moyen, grand, petit) est toujours plus populaire au détriment des compactes, des polyvalentes et des citadines. La citadine est d’ailleurs probablement un segment qui va se raréfier chez les marques généralistes, à l’exception de deux positionnements : le premium et le low-cost.
L’offensive SUV sur 2018 continue avec Hyundai Kona, Skoda Karoq ou encore Kia Stonic. Cette "SUVisation" accompagne largement un autre phénomène : la "dé-dieselisation", avec un net recul des motorisations au gazole (point bas à 25 % des ventes à particuliers en janvier 2018).

Quelle place pour le retail ?

L’un des éléments qui agite le plus l’industrie automobile est la vente en ligne. L’offre est balbutiante mais elle existe désormais, intégrant même la possibilité de réaliser son financement en ligne. Zanzicar, Briocar, Autosphere représentent assez bien ce nouveau canal de vente.
A la question « êtes-vous prêt(e)s à acheter votre véhicule totalement sur internet ? », les répondants ne sont que 15 % à se dire ouverts. 30% des répondants souhaitent toujours pouvoir essayer le véhicule. 56% des répondants sont réticents à toute forme de vente en ligne.
Enfin, lorsque l’on demande à notre panel quels sont les éléments susceptibles de les faire basculer vers de l’achat en ligne, la perspective d’un gain financier est clairement l’élément le plus fort. Mais ce n’est pas le seul, puisque les distributeurs peuvent aussi miser sur les éléments de réassurance (garantie) ou les éléments de preuve (configurateur high-tech).

Infographie de l'étude "comportements auto 2017" par Argus Conseil
L'avenir de l'automobile par Argus Conseil

La revente

En cas de projet de revente de leur véhicule, les particuliers se partagent assez équitablement entre revente à d’autres particuliers ou bien à des professionnels.
Pour beaucoup, la sécurité transactionnelle (décharge de responsabilité) motive la revente à professionnels. À l’inverse, le gain financier et donc la perspective de revendre son véhicule à un prix plus élevé à un autre particulier est l’élément le plus fort qui guide vers une vente à particuliers.

C’est dans ce cadre que nous avons vu fleurir de nombreuses offres d’outils d’aide et d’accompagnement aux démarches pour faciliter ce type de transaction. Là aussi, l’offre n’est pas encore structurée. Des disrupteurs (Carizy, Kyump, Effycar,) se sont positionnés sur ce segment, de grands acteurs de l’assurance (Coach auto Maif), et il y a fort à parier que distributeurs et constructeurs lorgnent ce marché.

La distribution automobile

L’essai est la phase clef qui transforme au mieux vers l’achat. Mais selon notre étude, il est encore mal vécu par un quart des acheteurs. C’est sans aucun doute un domaine dans lequel il y a de grands enjeux de transformation et autant d’opportunités de se différencier.
Lorsqu’on interroge sur la qualité des outils proposés en concession par rapport aux outils disponibles sur internet, là aussi, on peut identifier des axes de progrès sur les outils de configuration, de visualisation de la gamme pour pouvoir maintenir l’attractivité des points de vente.

La perception de l’avenir de l’automobile

Au moment où nous sommes abreuvés d’information sur l’innovation, les technologies embarquées, les alternatives de mobilités ; nous avons proposé à nos répondants de se prononcer sur leur vision de l’automobile. Trois possibilités leur étaient offertes :
L’automobile individuelle : mode traditionnel d’utilisation d’un véhicule, acheté, financé ou loué, il est 100% disponible pour son possesseur.
L’automobile occasionnelle : véhicule loué auprès d’un opérateur professionnel pour répondre à des besoins de mobilités ponctuels.
L’automobile communautaire : véhicules partagés entre particuliers, loués, prêtés, ou co-voiturés.

Si l’automobile individuelle reste la vision la plus répandue, elle n’est partagée qu’à 63 % par notre panel. Nous avons donc un tiers de répondants qui voient à l’avenir une automobile en mode usage/accès. Cette dernière tendance, qui transforme la voiture en commodité, est naturellement plus présente dans les métropoles et centres urbains, là où le taux de possession de véhicules tend à stagner voire à diminuer.

Résultats détaillés
https://www.argusconseil.fr/etude/comportements-auto-2017-5a5e21c94ec7c