Si elle est confirmée, ce serait une opération d’une ampleur inédite dans la distribution automobile en Europe : le groupe de distribution et d’importation automobile suisse, Emil Frey, serait en train de reprendre PGA.

«Il y a encore plein de conditions qui ne sont pas encore levées à ce stade», prévient-on du côté de Salzburg, siège de Porsche Holding qui ne dément pas l'information.

Pour l’heure, l’opération n’a pas été notifiée, ni à l’autorité de concurrence en France, ni à la Commission européenne.

Le premier distributeur automobile de France, filiale de Porsche Holding (qui gravite dans le giron du groupe Volkswagen), tomberait alors dans le giron du troisième distributeur/importateur automobile d’Europe.


« L’information n’est pas si incroyable. PGA n’avait pas vocation à rester dans le périmètre d’un constructeur sous peine de voir sa croissance avec d’autres marques compromise, commente un informateur proche du dossier. De plus PGA n’est pas une activité stratégique pour le groupe Volkswagen. De son côté, le groupe Frey, très capitalisé, a un gros besoin de croissance. »
 

Christian KIingler à la manoeuvre


Avec Christian Klingler à sa tête (ex-patron de PGA Motors), depuis janvier 2016, Emil Frey France a notamment repris deux sites Ford  au groupe Priod dont le site de Nanterre qui devrait être le fer de lance de la marque  avec l’essentiel des ventes sociétés de Ford.


« Pour moi, la clef c’est Christian Kingler, qui connaît évidemment très bien PGA, analyse un spécialiste de la distribution en Europe. Si cela venait à se confirmer, on pourrait y voir une certaine logique des côtés. Comme PGA se porte relativement bien, le timing est plutôt propice pour Volkswagen pour générer du cash, et amorcer un recentrage de ses activités. Quant à PGA, cela pourrait entraîner un changement de métier, au bénéfice notamment de l’importation », poursuit cet analyste.

 

Le poids des deux mastodontes


En termes de pure distribution (retail), le groupe PGA, avec la vente de 109 500 VN et 106 800 VO en 2015 est plus puissant qu’Emil Frey (98 000 VN et 70 000 VO).


En revanche, ce dernier dispose en plus d’une activité d’importation en pleine expansion (69 000 véhicules en 2015 et sans doute près du double en 2017), ce qui explique les écarts dans les deux chiffres d’affaires. En 2015, celui de PGA s’est établi à 3,9 milliards d’euros, celui d’Emil Frey à 5,4 milliards d’euros.


En reprenant PGA, Emil Frey mettrait la main sur des panonceaux qu’il n’arborait pas dans la distribution (retail) comme ceux des marques françaises ou du groupe Volkswagen. Notons qu’en 2016, il a repris l’importation des marques de PSA dans cinq pays d’Europe centrale (Hongrie, Slovénie, Croatie, Tchéquie et Slovénie) totalisant près de 50 000 VN importés.

Le montant de la reprise de PGA n’est pas connu. Il devrait se chiffrer en centaines de millions d’euros.