On n'a pas de pétrole mais on a l'hydrogène. Ce pourrait être le slogan du Premier ministre Shinzo Abe qui a fait du développement de l'utilisation de l'hydrogène un objectif.

En la matière, Toyota et Honda ont pris une longueur d'avance en lançant des voitures à pile à combustible alimentée à l'hydrogène.

Mais l'archipel ne compte encore que 101 stations et 2 400 véhicules à pile à combustible (principalement des Toyota Mirai). L’objectif est d’atteindre 900 stations et 800.000 véhicules en 2030, pour un marché de 1.000 milliards de yens (7,7 milliards d'euros).

La Chine et l'Allemagne aussi dans la course


Si le Japon, en quête d'indépendance énergétique, "mène encore la course dans le monde", il pourrait rapidement se laisser distancer. En effet, la Chine et l'Allemagne affichent de grandes ambitions, a souligné le directeur de cette nouvelle compagnie baptisée Japan H2 Mobility (JHyM), Hideki Sugawara, issu de Toyota.

Il s'agit, a-t-il assuré, de la première initiative de ce genre, rassemblant constructeurs d'automobiles (Toyota, Nissan, Honda), fournisseurs d'infrastructures (JXTG Nippon Oil&Energy, Idemitsu Kosan, Iwatani Corporation, Tokyo Gas, Toho Gas, Air Liquide Japan) et investisseurs (Toyota Tsusho, Banque de développement du Japon).

Le coût de la sécurité


En unissant leurs forces, ces compagnies veulent "réduire le coût de construction" des stations, en attirant des financements et en poussant les autorités à assouplir la règlementation.

Elle est plus contraignante au Japon qu'ailleurs pour éviter une quelconque fuite d'hydrogène, gaz incolore, inodore et hautement inflammable. La catastrophe du dirigeable Hindenbourg en 1937 reste gravée dans les esprits.

Résultat, le prix de revient d'une station y est au moins deux fois plus important qu'en Europe ou aux Etats-Unis, oscillant autour de 400 à 500 millions de yens (plus de 3 millions d'euros).

Dans un premier temps, JHyM entend mettre en place 80 stations d'ici 4 ans sur l'ensemble du territoire, et ainsi susciter un engouement chez les automobilistes.

Ils sont rares aujourd'hui à avoir adopté les véhicules à hydrogène, qui se distinguent des voitures électriques par une grande autonomie et un temps de ravitaillement rapide, mais restent onéreux (autour de 60.000 euros). Au point qu'il n'est pas rare que l'employé d'une station ne voit passer qu'un client par jour.