Selon une indiscrétion obtenue par Le Parisien (et partiellement démentie dans Le Figaro), le gouvernement souhaiterait muscler davantage le malus à l'achat des véhicules neufs pour 2018. L'idée serait d'abaisser le seuil de déclenchement du malus, qui est à l'heure actuelle de 127g. Une idée qui fait sens d'un strict point de vue budgétaire : après des années de déficit, le système du bonus-malus est devenu une machine à gagner des millions d'euros : 63,4 millions d'euros de gains sur le premier semestre 2017, et 310 millions accumulés au fil des années sur le compte dédié de l'Etat.

Dans le cadre de la lutte contre les émissions de dioxyde de carbone des véhicules neufs, en revanche, remettre un tour de vis au malus peut s'avérer plus discutable. Selon le service des statistiques du ministère de l'Ecologie, les émissions moyennes des véhicules neufs vendus en juillet dernier étaient de 111,6 g  de CO2 / km en hausse de 0,7 g par rapport à juin. Surtout, ce résultat est strictement identique à celui de juillet 2016... Alors que la donne a changé.
Le bonus-malus a été intégralement revu pour l'exercice 2017, avec des seuils abaissés et des montants de pénalité augmentés. De ce fait, en juillet 2017, 18,5% des VN ont relevé du malus, contre 13% en juillet 2016. L'objectif du gouvernement, qui est d'obtenir un taux moyen d'émission des VN de 106 g en 2017, parait d'ores et déjà compromis.

Car quelle que soit le surcoût à payer à l'achat, les automobilistes se tournent à nouveau vers les moteurs à essence, sensiblement plus gourmands que les moteurs diesels à performances identiques. Sur les huit premiers mois de l'année, ce sont 658 260 VP à essence qui ont été immatriculés, pour un taux moyen de 116 g. A côté de cela, 664 660 diesels ont été acquis, pour un taux moyen de 110 g.
Les achats de véhicules à essence, cumulés à une hausse des kilométrages moyens effectués par ces voitures, suffiraient donc à rendre inefficace une politique fiscale pénalisant les engins les plus émetteurs.