Les villages automobiles ne sont décidément pas en odeur de sainteté. Qu’ils soient politiques, écologiques ou encore esthétiques, les motifs sont nombreux pour mettre à mal l’aboutissement d’un tel projet. Le groupe Gueudet en fait par exemple l’expérience dans la commune de Jaux, à proximité de Compiègne. Fin 2014, l’opérateur, qui représente dans les environs les marques Renault, Dacia, Nissan, Opel, BMW, Mini et Toyota, annonçait son intention de créer une méga concession au cœur de la zone d’activités commerciales de Jaux-Venette.

Sur un terrain qui appartient à l’agglomération de la région de Compiègne (ARC), le groupe Gueudet doit construire un bâtiment de 20 000 m² dans lequel il regroupera ses sept marques. Un développement sensiblement identique à celui mené par David Gaist, à Rennes, et qui stimule depuis quelques années déjà les réflexions de nombreux dirigeants de groupe.

Si, à Rambouillet, le projet de village automobile se heurte à la gronde des écologistes, à Jaux c’est le voisinage qui a très vite manifesté son mécontentement. En effet, la parcelle ciblée par le groupe Gueudet, la seule disponible dans cette zone, se situe à proximité d’un lotissement. Le maire de la commune n’a jamais non plus manifesté un grand attachement à ce projet.

Par conséquent, le chantier n’a toujours pas démarré et l’ouverture du pôle automobile, prévu pour 2017, demeure incertaine. Mais si l’on en croit les propos de Michel Foubert, vice-président de l’ARC, relayés dans les colonnes du Parisien, le projet semble quand même en bonne voie : « Le compromis de vente est signé. Avec la condition que Gueudet obtienne le permis de construire ». Après une première présentation en octobre dernier, une seconde mouture, modifiée, sera dévoilée prochainement. L’agglomération de la région de Compiègne ARC, qui doit récolter 3,6 millions d’euros de ce projet, ne devrait pas lâcher le morceau.