Le véhicule électrique (VE) peut et doit mieux faire, selon une étude commandée par le comité des transports et du tourisme du Parlement européen. Deux axes ont guidé ce travail : la démocratisation potentielle des VE, et les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie des autos.

Il s'agit évidemment du deuxième point qui a suscité le plus de réserves parmi les auteurs de l'étude. Ceux-ci pointent la relative unanimité des précédents travaux scientifiques, qui observent que les gains de CO2 d'un VE par rapport à une voiture thermique de taille équivalente sont "modérés" : "En raison de la production de la batterie, les électriques demandent plus de ressources que les voitures thermiques" est-il indiqué. De ce fait, pour verdir son bilan carbone, le véhicule électrique se doit de rouler un certain nombre de kilomètres avant d'apporter un gain écologique. Seul souci, "l'actuel mix de l'électricité européenne" notent les scientifiques.

L'électricité est produite de différentes manière en Europe : avec des centrales nucléaires, comme en France, avec des barrages hydroélectriques, ou encore des centrales au fioul ou au charbon, comme en Pologne par exemple. Or, brûler du charbon pour produire de l'électricité est aujourd'hui quasiment considéré comme un non-sens d'un point de vue environnemental...
Un sujet dont les constructeurs sont largement conscients. Renault explique ainsi qu'en tenant compte du mix énergétique moyen de l'électricité, "le bilan s'établit à environ 72 g de CO2 par kilomètre pour la Zoé, contre au moins une centaine de grammes pour un modèle thermique équivalent". Renault ajoute que si l'on ne tenait compte que du mix énergétique de l'électricité française, la Zoé n'émettrait que "14 g CO2/ km".

Les auteurs de l'étude commandée par le Parlement de Strasbourg se veulent toutefois optimistes : "La décarbonisation attendue de l'énergie en Europe devrait mener à une hausse des bénéfices environnementaux  des électriques" suggèrent-ils.

Dernier point sur lequel les scientifiques ont tiqué, la recyclabilité des batteries au lithium-ion, ou plutôt l'attitude de ceux censés s'en préoccuper : "L'industrie automobile et ses fournisseurs, particulièrement les producteurs de batteries et les recycleurs se doivent d'être plus transparents concernant les impacts environnementaux de leurs activités" relèvent-ils dans leurs conclusions...