Le véhicule électrique n'est pas tout blanc, en tout cas pas réellement plus que son cousin thermique dont il dérive. Le CGDD (ministère de l'Environnement) s'est livré à une analyse très pointue des TCO (coûts totaux de détention) de différents véhicules : un électrique pur (VE), un hybride, un hybride rechargeable, un diesel, un essence, le tout à l'horizon 2020 puis à l'horizon 2030. Le Commissariat ne s'est cependant pas arrêté en si bon chemin. Il a aussi décortiqué les coûts "socio-économiques" de chacune de ces motorisations.

Le TCO est en effet centré sur le porte-monnaie de l'utilisateur du véhicule : combien il coûtera en entretien, en carburant, etc. Le coût socio-économique, en revanche, se préoccupe de tout le reste : émissions de CO2 et leurs coûts pour la société, monétisation des conséquences du bruit en milieu urbain, impact de la pollution générée par la fabrication du véhicule, etc. Ces deux manières d'aborder le problème permettent d'avoir une vision exhaustive du coût réel de telle ou telle solution technique.

Sans surprise, aucune motorisation ne supplante les autres. Tout dépend de leur utilisation, même s'il apparait que globalement, le véhicule thermique demeure la solution la plus homogène et la plus accessible financièrement parlant.
Le CGDD le note même en gras dans son rapport : "Dans le cas d'un usage mixte (ville / route), moyenne pondérée des trafics observés dans tous les milieux traversés, aucune technologie alternative n'est plus rentable que les véhicules thermiques, notamment ceux consommant du diesel. Ainsi, par exemple, le surcoût socio-économique pour un véhicule
électrique en 2030 est de 7000€" est-il expliqué. Plus fort encore : "Le bilan relatif à la pollution atmosphérique du VE en milieu mixte est même négatif face à un véhicule thermique diesel en raison de la phase amont de la production des deux batteries utilisées pendant la durée d'utilisation du VE" précise l'étude.

Le VE n'est pas la panacée sur la route, soit. Mais il se rattrape largement en milieu urbain dense et très dense. Le CGDD appelle "milieu urbain très dense" celui des grandes métropoles françaises, mais aussi leurs abords. L'intégralité de la petite couronne parisienne entre ainsi dans la catégorie du milieu très dense.

"Si le VE est pénalisé par le coût d'achat du véhicule, de la batterie et de l'infrastructure de recharge associée, ses faibles coûts d'usage (consommation et entretien) font qu'il est déjà rentable financièrement pour l'usager en zone urbaine dès 2020. Sur le plan socio-économique, sa pertinence est restreinte à cet horizon aux zones urbaines très denses" souligne le CGDD. Car en zone dense, "en 2020, aucune technologie alternative au véhicule thermique ne présente un bilan positif" rappelle le Commissariat.

Les véhicules hybrides, rechargeables ou non, sont en revanche une calamité économique pour le Commissariat. Disposant à la fois d'un moteur thermique et d'un moteur électrique, ils ont le désavantage de cumuler les défauts inhérents à chacune des motorisations : "Le véhicule hybride rechargeable et le véhicule hybride ne présentent un bilan positif qu'en zone urbaine très dense pour 2030, et seulement en usage intensif" prévient le CGDD. Les coûts d'achats des hybrides, bien supérieurs à ceux des thermiques de segment comparable, grèvent largement leurs bilans.