Une voiture électrique est plus facile à produire que son équivalent thermique. Et notamment son moteur qui nécessite moins de pièces et moins de main d’œuvre.

Le principal syndicat allemand de l'industrie, IG Metall, tire la sonnette d’alarme en s’appuyant sur étude qu’il a commandée à l’institut Frauenhofer.

Selon cette étude, sur les 210.000 emplois dédiés à la production de moteurs chez les constructeurs allemands et leurs fournisseurs, 100.000 disparaîtront avec la multiplication des voitures électriques, et quelque 25.000 seront créés.

L'étude envisage un scénario avec 25% de voitures électriques et 15% de modèles hybrides sur les routes allemandes d'ici 2030, une évolution conforme aux objectifs européens de réduction des émissions de CO2 et l'infrastructure de chargement disponible.

20 fois moins de pièces dans un moteur électrique


Actuellement, les voitures électriques et hybrides ne représentent qu'entre 1 et 2% du parc automobile allemand.

Le secteur automobile représente en Allemagne plus de 800.000 emplois au total sur une population active de 44,3 millions de personnes au 1er janvier 2018, mais l'étude se concentre sur la branche consacrée à la fabrication de moteurs.

"Il y aura certains fournisseurs qui ne pourront pas adapter leurs modèles économiques, surtout chez les petites et moyennes entreprises", a mis en garde Jörg Hofmann, président de IG Metall. L'impact peut être très grand dans certaines régions où il n'y a pas d'emploi alternatif".

Si 3.990 employés sont nécessaires pour la fabrication d'un million de moteurs à essence, ce chiffre passe à 1.840 pour un système électrique, beaucoup moins complexe.

Un moteur électrique nécessite jusqu'à 20 fois moins de pièces détachées qu'un moteur traditionnel, selon une estimation de l'association de l'industrie mécanique allemande VDMA.