Le Venezuela post-Chavez devient un enfer pour les industriels, et plus particulièrement pour les filiales des géants américains.

C'est dans cet atmosphère de guerre civile que General Motors a annoncé le 19 avril 2017 la saisie par les autorités vénézuéliennes de son usine de Valencia, dans le nord du Venezuela. Le constructeur a promis d'utiliser "toutes les mesures" pour défendre ses droits face à la mesure jugée illégale.

L'usine a été "saisie de façon inattendue par les autorités vénézuéliennes, ce qui a empêché la poursuite normale des opérations", a déclaré la porte-parole du constructeur.

Le constructeur a dû arrêter ses activités au Venezuela et y licencier ses 2.678 employés.

Cette usine qui a la capacité de construire 100.000 véhicules par an mais se trouvait en réalité à l'arrêt, la crise économique que traverse ce pays pétrolier ayant privé les entreprises d'accès aux dollars pour importer des pièces.

General Motors était présent au Venezuela depuis 69 ans, y comptant, outre son site de production, 79 distributeurs employant 3.900 personnes.

Cette confiscation intervient dans un contexte de forte détérioration du climat des affaires dans le pays plongé dans une crise économique, qui a déjà éprouvé de nombreux groupes américains.

Le gouvernement de Nicolas Maduro, le successeur d'Hugo Chavez, accuse les Etats-Unis de fomenter un coup d'état. Washington dément vigoureusement. 

Les tensions s'accroissent donc et le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, suit avec préoccupation la situation.

Des dommages irréparables


Des véhicules sortis des chaînes ont été pris illégalement dans l'usine par les autorités vénézueliennes.



"Le 19 avril 2017, l'usine GMV a été subitement saisie par les autorités publiques, empêchant sa marche normale. En outre, d'autres actifs du groupe, comme des véhicules, ont été pris illégalement de ses infrastructures", a déclaré la filiale du constructeur américain General Motors Venezolana (GMV).




La saisie est source, selon GM, de "dommages irréparables" pour la société, ses 2 678 employés, ses 79 distributeurs et ses fournisseurs.

L'industrie automobile du Venezuela a été durement affectée par les pénuries de matières premières liées notamment à un système complexe de contrôles des devises du gouvernement qui se dit socialiste de Nicolas Maduro, successeur d'Hugo Chavez.

De nombreuses usines ont drastiquement ralenti leur production.

Début 2015, Ford Motors avait radié la valeur de son investissement au Venezuela, après avoir enregistré une dépréciation de 800 millions de dollars sur ses opérations dans le pays.