Difficile de parler de rentabilité avec un concessionnaire Opel. Il s’agit, en effet, d’une notion très relative pour le réseau de la marque à l’éclair. « En résultat courant avant impôt et hors CICE, le premier semestre a été déficitaire », convient Marc Bruschet, président du Groupement national des concessionnaires Opel (GNCO) et opérateur de la marque à Avignon et à Carpentras (84). Une situation liée notamment au modèle phare, la Corsa : « Elle est en fin de vie, sa position commerciale est maintenue uniquement par le prix. Et lorsque l’on revoit le tarif à la baisse, forcément, le concessionnaire cotise », explique habilement le président du GNCO.

Les bonnes ventes du Mokka, un modèle qui a redonné des couleurs aux finances des distributeurs, ne suffiraient pas à compenser les rabais octroyés sur la polyvalente. De surcroit, avec un secteur de l’après-vente qui subit « une érosion tendancielle du chiffre d’affaires », selon M. Bruschet, ainsi qu’un afflux de VD qui nuit aux marges sur les VN, la position des concessionnaires Opel à l’heure actuelle n’est pas des plus confortables. Il n’empêche. L’avenir parait toujours plus prometteur que le présent, surtout lorsque l’on intègre un groupe comme PSA.

De l’autopartage sur les parkings des concessions


Ainsi, au second semestre, les nouveaux SUV Opel vont être disponibles dans tous les points de vente : Grandland et Crossland devraient permettre aux opérateurs de faire de la conquête grâce à des produits dans l’air du temps, pourvu que les moteurs à essence soient suffisamment disponibles. D’autre part, l’entrée effective d’Opel dans le giron de PSA est une opportunité pour Eric Wepierre, le président de la marque en France, qui se veut optimiste pour l’avenir : « Nous entrons dans une nouvelle famille qui a envie de nous aider, et qui comprend bien nos difficultés ainsi que le marché européen », fait-il savoir aux concessionnaires Opel, réunis à Amsterdam pour leur congrès annuel. Eric Wepierre ne voit en effet que des complémentarités entre les différentes marques du groupe, donc aucun phénomène de « cannibalisation » entre les modèles… même si le Grandland X est un Peugeot 3008 rebadgé.

Surtout il enjoint le réseau à devenir des « fournisseurs de mobilité partagée » : « Il va falloir changer votre approche et votre business model », prévient-il. Mais les concessionnaires auraient déjà quelques atouts dans leurs manches : « Opel Rent, c’est un pied dans les nouvelles mobilités », considère le président d’Opel France. Avant de proposer aux membres du réseau d’utiliser éventuellement leurs grands parkings « pour faire de l’autopartage »… En attendant ces grands changements, Marc Bruschet s’attend à une année 2017 « à l’équilibre, guère au-delà » pour ce qui est des finances des distributeurs.