Bob Shanks, le directeur financier de Ford aux Etats-Unis, a prévenu l'agence Reuters : "Nous ne sommes pas satisfaits de notre performance" a t-il fait savoir, faisant allusion aux résultats financiers de Ford pour l'année 2017. L'ambiance a l'occasion de l'ouverture du salon de Detroit n'est sans doute pas morose, mais au diapason des challenges qui attendent les constructeurs américains : parvenir à gagner de l'argent avec autre chose que de gros pick-up, composer avec les décisions bonnes ou mauvaises du gouvernement américain, réussir l'introduction du véhicule autonome.

Chez GM et d'autres, la première crainte se fonde sur une éventuelle sortie du marché commun américain, le Nafta. Cette accord de libre-échange, qui lie le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, est en effet dans le collimateur du président Donald Trump, qui trouve entre autres que trop de véhicules américains sont fabriqués au Mexique. Il envisagerait donc très sérieusement de dénoncer l'accord, après avoir tenté d'en renégocier les contours : "Nous exportons des Highlanders (ndlr, un SUV) en Russie. Si l'on perd le Nafta, et si mes coûts grimpent, la Russie va me dire "vous êtes beaucoup plus chers. Vous n'êtes plus compétitifs avec l'usine Toyota chinoise. Je crois que je vais acheter mes Highlanders en Chine" a ainsi expliqué le PDG de Toyota pour l'Amérique du nord à Bloomberg.

Du côté de chez Ford, en plus des soucis politiques énoncés précédemment, le problème est d'abord financier. Les achats de métal, d'aluminium et d'autres métaux coûteraient 1,6 milliard de dollars à l'entreprise cette année, une somme bien trop élevée. Bob Shanks indique avoir déjà procédé à des réductions de coût, mais dont les effets ne seront visibles "qu'en 2020 et au delà" selon Reuters. Ford indique en outre devoir travailler sur l'Amérique du sud, où les ventes seraient déficitaires depuis plusieurs années.

Afin de reprendre les profits, nécessaires au bon développement du véhicule autonome, Ford a donc une idée : baisser l'offre sur les berlines et proposer toujours plus de SUV et de light-trucks, des véhicules vraiment profitables. Et tellement américains !