Une plus grande ouverture du marché automobile chinois mettra-t-elle à mal les constructeurs locaux ? C’est ce que semble penser le monde financier, notamment les Bourses de Hong-Kong et de Shanghai.

En effet, les titres des principaux constructeurs chinois ont dégringolé, le 18 avril 2018, après l'annonce que Pékin mettra fin aux restrictions limitant les participations de groupes étrangers dans ces secteurs.

Actuellement, tout groupe automobile étranger désirant produire en Chine doit obligatoirement créer une coentreprise avec un fabricant chinois, et de Volkswagen à PSA, en passant par Ford, aucun constructeur étranger ne peut posséder plus de 50% de cette "joint-venture".

Vers une concurrence avivée


Mais ce plafond sera levé d'ici à 2020 pour les entités produisant des véhicules commerciaux, et d'ici à 2022 pour la production de voitures individuelles, a annoncé l'agence de planification chinoise (NDRC). La limite sera même supprimée dès 2018 pour les véhicules électriques.

De quoi aviver la perspective d'une concurrence plus acérée pour les constructeurs chinois, sur un marché local gigantesque mais déjà très disputé.

De fait, les marques étrangères, développées dans le cadre des coentreprises, se taillent la part du lion sur le marché chinois et constituent souvent un moteur des ventes pour les groupes automobiles locaux...

Ces chinois qui accusent le coup


BAIC, 5e plus gros constructeur automobile du pays, et qui possède des coentreprises avec Mercedes-Benz et Hyundai, a vu son titre plonger de 10% à la Bourse de Hong Kong.

Guangzhou Automobile Group (GAC), allié de Fiat-Chrysler et de Toyota, s'est lui aussi effondré de 10% -- la baisse maximale autorisée -- à la Bourse de Shanghai en séance, avant de se reprendre légèrement, terminant en repli de 8,40%.

SAIC Motor, premier constructeur chinois, partenaire de longue date de Volkswagen et de General Motors, a mieux résisté, terminant sur une baisse de seulement 0,06%, comblant ses pertes après avoir abandonné plus de 4% en séance.

Geely, connu pour avoir racheté Volvo Cars et pour être devenu récemment le premier actionnaire de Daimler, n'a pas été épargné, chutant de 4,24% à Hong Kong, tandis que le spécialiste du véhicule électrique, BYD, y plongeait de 4,15%.