Qui sera le plus malin? Ce sera le véhicule le plus intelligent, donc le plus fiable et le plus sûr qui s’imposera sur le marché. Selon cette logique darwinienne, tous les constructeurs se sont lancés dans la quête du Graal de l’intelligence artificielle.

Les attentes sont connues : les voitures devront reconnaître un maximum de leur environnement, identifier le trafic, obéir à la voix sans se tromper, prédire des obstacles invisibles et anticiper les collisions improbables...

Encore faut-il acquérir, assez rapidement, le savoir-faire nécessaire. Chaque mois, des constructeurs annoncent des partenariats et de substantiels investissements.

Mobvoi distingue les innombrables accents chinois


C'est ainsi que Volkswagen vient d’inaugurer sa coentreprise avec Mobvoi, start-up chinoise spécialisée dans la reconnaissance vocale, pour laquelle il investira 180 millions de dollars qui s'ajouteront au milliard déjà dépensé dans ce domaine.

"Une alliance capitale! Nous voulons des commandes vocales qui vous permettent de parler normalement, pour jouer une chanson, régler la température ou sélectionner l'itinéraire" sans devoir apprendre des commandes préenregistrées, s'enthousiasme Jochem Heizmann, patron de Volkswagen Chine.


Mobvoi assure pouvoir distinguer les innombrables accents chinois et développe un rétroviseur "intelligent" affichant itinéraires et textos.

Ces savoir-faire devraient être mis en oeuvre sur de futurs véhicules dérivés du concept-car Sedric qui seront lancés dans l'Empire du Milieu.

Anticiper la plaque de verglas au prochain virage


Audi s'est associée en Chine aux géants de l'internet Tencent et Baidu pour proposer des voitures hyper-connectées avec cartographie interactive, indiquant en chemin restaurants, magasins ou stations d'essence.

La marque aux anneaux met au point un système prédictif ayant étudié le style de conduite du conducteur et ralentissant automatiquement le véhicule avant un carrefour, pour économiser l’énergie. La voiture saura anticiper une plaque de verglas au prochain virage, que les capteurs d'autres véhicules auraient déjà détectée en communiquant l'emplacement.

Les géants du net chinois sur les rangs


Dès 2015, Toyota dévoilait un investissement d'un milliard de dollars dans l'intelligence artificielle, aux Etats-Unis. Fin mars 2017, il a précisé qu'il consacrerait aussi 35 millions de dollars à l'élaboration de batteries "intelligentes" régulant la consommation d'énergie.
Ford va investir un milliard de dollars, sur cinq ans, dans la firme d'intelligence artificielle Argo.

Le constructeur chinois Changan, qui a fait rouler l'an dernier des prototypes sur 2.000 km via montagnes et tunnels, annonce la production "de masse" de voitures autonomes pour 2025.

Et la startup chinoise Nio a promis en mars de commercialiser dès 2020 un véhicule électrique autonome aux Etats-Unis.

Capter des milliards de données pour nourrir l'intelligence artificielle


Suivant l'exemple de l'américain Google, le défi titille les mastodontes du web chinois: Baidu a testé à Pékin son premier prototype de voiture sans conducteur fin 2015, et LeEco planche sur des modèles similaires.

Leur intérêt est logique: les systèmes intégrant interface et pilotage automatique "font
basculer les véhicules vers des objets ressemblant davantage à des smartphones ou des ordinateurs".

Baidu, le "Google chinois", a dévoilé une "plateforme ouverte", Apollo, où il partagera ses technologies de voiture autonome avec les constructeurs pour qu'ils puissent développer leurs propres systèmes.

Baidu considère que cela peut être une technologie +libre de droits+ qu'il veut étendre au maximum de constructeurs, à l'image d'Android", le système d'exploitation de Google. Baidu compte ainsi attirer de nouveaux usagers vers ses services. Pour fonctionner, l'intelligence artificielle doit se nourrir du plus grand nombre possible de données.