« La Californie mène une coalition de 18 Etats pour poursuivre l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) afin de préserver les normes automobiles nationales d’émissions (polluantes) dans l’air », a indiqué Jerry Brown, gouverneur de Californie, dans un communiqué. Le grand Etat de l’ouest des Etats-Unis, le plus peuplé du pays, avait porté plainte contre l’EPA en solo début avril. Il a désormais élargi le périmètre de sa procédure judiciaire à 16 autres Etats (New York, Connecticut, Delaware, Illinois, Iowa, Maine, Maryland, Massachusetts, Minnesota, New Jersey, Oregon, etc) et à la capitale fédérale Washington.


« Cette plainte représente 140 millions de gens (et 43% du marché auto américain) qui veulent tout simplement des voitures plus propres et plus efficaces », a commenté M. Brown ; « Ca suffit, nous ne cherchons pas la bagarre avec l’administration Trump mais quand les enjeux sont si élevés pour la santé de nos familles et pour notre prospérité, nous avons la responsabilité de faire ce qu’il faut pour nous défendre », a renchéri le ministre californien de la Justice Xavier Becerra.


« Nous nous battons pour protéger des normes adoptées en 2012 qui ne prennent pas effet avant 2022 (…). Elles étaient une bouée lancée à une industrie (automobile) en crise qui cherchait désespérément la stabilité » et « fondée sur la meilleure estimation des ingénieurs sur ce qu’il était possible d’atteindre », a insisté Mary Nichols, présidente de la Commission californienne de la qualité de l’air.

Ces normes sont déjà atteintes « grâce au bon travail » du secteur automobile mais Scott Pruitt, le très contesté patron de l’EPA, veut maintenant « revenir sur ces progrès au nom de la déréglementation », a-t-elle précisé.


Surnommées « CAFE » (Corporate Average Fuel Economy), les normes pour la période 2022-2025 ont été fixées par l’administration de Barack Obama, prévoyant des augmentations graduelles de l’autonomie des véhicules pour atteindre 54,5 miles pour un gallon d’essence (4,32 litres aux cent kilomètres) en 2025.


Donald Trump s’est engagé à démanteler la majeure partie du plan climat établi par son prédécesseur démocrate. Le magnat de l’immobilier a également choisi de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il nuit aux intérêts économiques américains.

La Californie et l’administration Trump sont en guerre ouverte sur de nombreux secteurs (armes, immigration, environnement). Le ministère américain de la Justice a poursuivi le bastion démocrate, où la plus grande partie des habitants sont d’origine hispanique, pour sa politique « sanctuaire » face aux sans-papiers, tandis que le ministre californien de la Justice a porté plainte plusieurs fois contre le gouvernement fédéral, sur la politique migratoire ou l’environnement notamment.