Les constructeurs allemands ont vendu 2,7 millions de véhicules en Chine l'année dernière.En 2012, les constructeurs à capitaux allemands (BMW, Daimler et Volkswagen) devraient voir leur chiffre d’affaires cumulé croître de 12,1%. Ils devraient également engranger de substantiels bénéfices.

Selon une étude publiée par Euler Hermes, spécialiste des solutions d’assurances pour les échanges commerciaux, le taux de résultat opérationnel (résultat opérationnel rapporté au chiffre d’affaires) de ces trois groupes d'Outre-Rhin atteindra les 7,5% cette année (contre 1% pour les constructeurs français). Or, selon Yann Lacroix, responsable des études sectorielles chez Euler Hermes, c’est à partir de 4% qu’un constructeur dispose vraiment des moyens de développer sa gamme et de se déployer géographiquement.
Ces bonnes performances financières des allemands, prolongent celles de 2010 et 2011 et devraient se répéter en 2013. Selon l’étude, cette remarquable rentabilité tient à deux facteurs : leur positionnement premium favorable au taux de marge et la grande exportation.

En effet, ces constructeurs compensent la baisse du marché européen par leurs activités internationales, notamment leur forte croissance en Chine (où ils ont vendu 2,7 millions de véhicules en 2011) et le redressement du marché américain (où ils ont vendu un million de véhicules).

« Les constructeurs allemands sont donc bien implantés sur les deux marchés mondiaux les plus rentables, les Etats-Unis et la Chine, commente Yann Lacroix. La bonne rentabilité du marché américain tient notamment au fait qu’il est beaucoup moins concurrentiel que ne l’est l’Europe. Quant à la Chine, les ventes y sont particulièrement rentables grâce à l’essor du premium qui croit plus vite que le reste du marché. »
 

En Europe, seule la production allemande tire son épingle du jeu. Elle a presque retrouvé en 2011 son niveau d’avant-crise avec 5,9 millions d’unités. Toutefois, elle commence à souffrir au 1er semestre 2012, de la mauvaise conjoncture européenne, note Euler Hermes.
 

La situation plutôt enviable des groupes Volkswagen, Daimler et BMW, contraste avec celle des constructeurs à capitaux non allemands présents en Allemagne. Ces derniers, généralistes, souffrent particulièrement de la baisse du marché européen. Opel (qui a déjà fermé son site d’Anvers en 2010) et Ford, pourraient être contraints d’adapter leurs outils de production, comme les constructeurs français et italien.