L’institut de son sondage Ipsos vient de publier son étude intitulée Global @dvisor réalisée en ligne, du 27 novembre au 8 décembre 2017, auprès de 21 549 personnes âgées de 18 à 64 ans aux USA et au Canada et de 16 à 64 ans dans les autres pays. Au total, des consommateurs de 28 pays ont été interrogés*. Il ressort que les Français et les citoyens des pays occidentaux sont les plus méfiants et frileux face l’émergence de cette nouvelle technologie.

Parmi trois propositions formulées, 51% des Français ont reconnu qu’ils n’étaient « pas sûr des voitures autonomes, mais trouvaient l'idée intéressante ». 25% ont répondu qu’ils étaient « contre et n’en utiliseraient jamais », quand 21% ont affirmé qu’ils y étaient « favorables et qu’ils avaient hâte d’en utiliser une ».

Les Allemands se montrent encore plus sceptiques puisque 35% d’entre eux déclarent « qu’ils ne souhaitent pas utiliser de voiture autonome », de même que les citoyens du Royaume-Uni (30%) et ceux du Canada (27%).

« Cette prudence est un comportement rationnel en phase de transition. L’introduction d’une nouvelle technologie ne se suffit pas et nécessite une certaine pédagogie sur les nouveaux usages qu’elle induit. Un autre défi de taille sera de rendre identifiable le bénéfice client que peuvent apporter les véhicules autonomes : du temps, de l’argent, du confort, de la sécurité… », analyse Pauline Laujac, experte automobile chez Ipsos.


De manière générale, l’étude révèle une scission entre pays développés et pays émergents. Les personnes interrogées souhaitent dans la majorité devenir propriétaires d’une voiture autonome, comme en Malaisie et en Inde (64%), au Pérou (60%), en Colombie (58%) ou encore en Chili et Argentine (56%).

L’étude s’est ensuite penchée sur les principaux bénéfices qui peuvent découler de l’arrivée des véhicules autonomes. Les Français sont ainsi 55% à estimer que le mode autonome des voitures rendra la conduite plus facile, un résultat en deçà de la moyenne mondiale, qui atteint 69%. Les Français associent également le mode autonome à une conduite plus détendue (52%), plus confortable (52%) et plus agréable (51%). Des chiffres qui se situent 10 points en moyenne en dessous du score mondial.

Près de la majorité des Français pensent que, d’ici 10 ans, le mode autonome sera surtout utilisé lorsqu’il sera question de se garer (58%), de parcourir de courtes distances (49%) ou encore de conduire seul, sans passager dans le véhicule (48%).

« Cela démontre un réel attachement à la conduite, qui reste un plaisir pour de nombreux Français, pas encore tout à fait prêts à y renoncer. Mais qui aurait cru il y a 10 ans qu’un quart des voitures neuves vendues en France seraient des automatiques ? La frilosité exprimée par les Français aujourd’hui n’exclut pas qu’ils se prennent peu à peu d’affection pour les véhicules autonomes au fur et à mesure que la technologie progresse et devient plus performante, d’autant que les véhicules autonomes et partagés pourront aussi faciliter le déplacement urbain dans les grandes métropoles », conclut Jean-Pierre Carnevale, expert automobile au sein du département quali d’Ipsos France.


*Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chili, Chine, Colombie, Corée du Sud, Espagne, France, Hongrie, Inde, Israël, Italie, Japon, Malaisie, Mexique, Pérou, Pologne, Russie, Serbie, Suède, Turquie, UK et USA.