Reuters a eu la chance de rencontrer neuf personnes, qui sont encore aujourd'hui employés à la chaine de Tesla ou bien d'ex-salariés. Ces neuf personnes ont livré une photo peu reluisante des méthodes employées par le constructeur californien : précipitation, désorganisation et surtout ignorance des procédés qui ont fait le succès des autres seraient partiellement responsables des déboires actuellement rencontrés par Tesla.

Selon les employés de la marque, citant des chiffres qui portent sur des véhicules fabriqués en octobre 2017, plus de 90% des véhicules vérifiés en bout de chaine présenteraient des défauts. Cruel, Reuters rappelle que le taux est d'environ 10% chez Toyota... Toujours selon les témoignages recueillis, le principal problème de Tesla serait là : reprendre des véhicules en bout de chaine coûte cher, prend du temps, bref, il s'agit d'un exercice qui compromet énormément la compétitivité du produit et de l'entreprise en général.
Les problèmes viendraient surtout de l'alignement des panneaux de carrosserie,mais pas uniquement. Des problèmes d'étanchéité seraient aussi récurrents, de même que des bugs informatiques.

Plus que la qualité de fabrication des voitures, les témoignages recueillis par l'agence de presse font état d'une usine qui fonctionne sur un mode tout à fait singulier. Il serait fort mal vu d'interrompre la production, quand bien même des pièces manqueraient. Tesla conseillerait alors à ses employés de reprendre les véhicules après... soit l'inverse de ce que préconisent et pratiquent l'ensemble des constructeurs mondiaux.

Début novembre, Tesla a fait état d'une perte trimestriel record de 619,3 M$. Celle-ci s'expliquerait en partie par les difficultés industrielles rencontrées sur la chaine des Model 3, selon Tesla.