Après avoir annoncé des droits de douanes alourdis sur l'acier (25% de taxes) et sur l'aluminium (10%) entrant aux Etats-Unis, le président américain Donald Trump n'a pas manqué de provoquer quelques remous.

Dans son propre pays tout d'abord, alors même que ces mesures protectionnistes sont censées servir les intérêts des entreprises américaines : "Quelle que soit la conclusion, la Nada sera toujours partisane du maintien de prix abordables pour les autos. Non seulement nous soupesons chaque décision en fonction de ce critère, mais nous demandons aux politiques de faire de même de manière à soutenir la croissance économique" a fait savoir Peter Welch, le président de l'association nationale des distributeurs automobiles (Nada).

Bernhard Mattes, président de VDA, la structure qui porte la voix des constructeurs allemands, n'a pas manqué de faire de même : "L'émotion ne nous mènera nulle part, nous avons besoin d'un débat objectif" a t-il expliqué par écrit, "une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe doit être évitée à tout prix. Dans ce genre de guerre, il n'y a jamais de vainqueur" a t-il continué, faisant allusion directement aux propos de Trump qui parlait d'une victoire "facile"
Surtout, Bernard Mattes a cité quelques chiffres replaçant le contexte actuel : 494 000 voitures allemandes ont été exportées aux Etats-Unis en 2017, un chiffre en baisse. Pourquoi ? "Nous avons augmenté notre production dans les usines américaines, de 180 000 unités en 2013 à 804 000 véhicules" explique le président de VDA. Avant de faire remarquer que l'automobile allemande chez l'Oncle Sam représente "36 500" emplois sur le territoire, sans compter les 80 000 employés des entreprises sous-traitantes.
D'autre part, plus de la moitié de la production américaine des constructeurs allemands est ensuite exportée, toujours d'après VDA, soit 430 000 voitures environ. Autant de valeur ajoutée qui pèse notablement dans la balance commerciale américaine...