Revenir en Iran n'est pas une promenade de santé, PSA s'en doutait certainement lors de la signature de sa nouvelle coentreprise avec Iran Khodro en juin 2016. Mais selon une entrevue accordée au journal iranien Financial Tribune par Jean-Christophe Quémard, vice-président de PSA pour les régions Afrique et Moyen-Orient, l'affaire est encore un brin plus rocambolesque que prévu.

Tandis que la production des Peugeot 206 et 405 bat son plein sur les chaines d'Iran Khodro en ce moment (320 000 ventes cumulées depuis le début de l'année), Peugeot tente de lancer en parallèle la fabrication du 2008. Les premiers 2008 sont sortis des chaines non sans mal. Selon le journal iranien, "en raison de la forte demande du marché, Peugeot a été contraint de lancer la production à la hâte".

Or, toujours selon le Financial Tribune, "les fournisseurs locaux ont été incapables de livrer les pièces requises" dans la fabrication du SUV, ce qui a eu pour résultat d'entrainer "de longs retards" dans la production comme dans la livraison des autos. De surcroît, pour pallier les défaillances locales, Peugeot a importé des pièces d'Europe... mais "les pièces Peugeot sont bloquées à la douane" confie Jean-Christophe Quémard, "ce n'est pas un incident rare dans une industrie mondiale. Le problème sera bientôt résolu. Mais pour l'instant, il a entravé les opérations de Peugeot en Iran". Las, un 2008 est bien proposé à la vente du côté de Téhéran, pour la somme de "26 000$" selon l'hebdomadaire iranien, soit 22 324€ ! A titre de comparaison, la gamme 2008 démarre à 18 500€ en France.

Malgré les difficultés rencontrées, PSA, qui a investi 200 M€ en Iran, ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Le constructeur compterait se rapprocher des équipementiers et autres fournisseurs locaux, sans doute de manière à les former aux processus de fabrication requis par l'industrie automobile d'aujourd'hui. PSA (un accord de coentreprise existe aussi avec Citroën) entend en effet faire de l'Iran un véritable "hub" de fabrication qui exportera à terme des autos en Russie, en Azerbaïdjan, en Irak et sur le continent africain. Le groupe se serait engagé à exporter 30% de la production iranienne.