Face à la baisse faciale de 2,9 % des immatriculations des véhicules neufs en février 2017 (161 885 unités), les constructeurs automobiles restent sereins. Certes, le marché s'est contracté mais essentiellement en raison du jour ouvré de moins de février 2017 par rapport à l'année précédente.

« Cette baisse est un effet assez mécanique  du jour ouvré manquant. Mathématiquement, une journée de moins fait perdre 5 % d'immatriculations. Le marché est donc plutôt satisfaisant. Nous restons en tout cas en ligne avec nos objectifs qui se basent sur une croissance du marché de 2 % en 2017 », explique Guillaume Couzy, directeur du commerce France de Peugeot.


Des ventes aux particuliers qui restent fragiles

L'autre nouvelle satisfaisante repose sur le niveau des ventes aux particuliers qui ne représentent certes que 47,2 % des cartes grises du mois mais dont la baisse est pour une fois plus faible que celle du marché (-2,1 % et 76 380 immatriculations). Peu de marques parviennent à rester dans le positif sur ce marché. Dacia, Toyota, Kia ou encore Suzuki font cependant figurent d'exception avec un volume de mises à la route sur ce canal de 53,9 % pour Toyota (+ 24 %), de 68,6 % pour Kia (+49%), de 79,3 % pour Suzuki (+42,2 %) et bien sûr Dacia, star incontestée des particuliers (88,8 % de ses ventes en hausse de 8,3 %). Mais la progression de Fiat est également à noter (+10,9 %) même si le volume reste en deçà de la moyenne du marché (35,7 %).

Les marques françaises y accusent un repli, notamment Renault qui sur le mois de février adresse à peine 40 % de ses cartes grises aux particuliers. Peugeot et Citroën reculent également mais Citroën arrive à dépasser la moyenne du marché marquant ainsi le retour des chevrons après des mois très difficiles.

« La nouvelle C3 reste bien orientée que ce soit en commande ou en immatriculations. Les particuliers pèsent 50 % des cartes grises et mars devrait être meilleur puisque nous livrerons la version avec boîte automatique », affirme Amaury de Bourmont, directeur du commerce France de Citroën.

La situation reste en revanche compliquée pour C4 Cactus et il encore trop tôt pour déterminer si la campagne de communication un peu décalée (une petite fille qui chante du hard Rock) sur la série spéciale One Tone se concrétisera en signature de bons de commande.
Chez Peugeot, les commandes continuent d'affluer et la marque avance une hausse de 10 % sur le mois de février. L'équipe supplémentaire qui sera mise en place en avril dans l'usine de Sochaux permettra de lisser les délais de livraison.

« Pour les versions Allure, Active Business et Access, les modèles commandés aujourd'hui seront livrés en avril, ce qui reste correct. Nous affichons un peu plus d'attente pour les versions GT et GT Line qui nécessitent de patienter jusqu'en juin voire parfois l'été. Les cadences de production qui augmenteront dès avril vont permettre de lisser ces délais » affirme Guillaume Couzy.

Un canal des loueurs de longue durée en baisse

L'interrogation de février repose en réalité sur la baisse affichée sur le canal des loueurs de longue durée (-14 %) et -8,9 % sur les deux premiers mois de l'année. Peugeot n'y ressent cependant pas de grandes inquiétudes : « Nous n'avons pas réellement de réponses. Ce peut être un effet trou d'air mais le portefeuille de commandes reste élevé et lorsque je vois la vigueur du marché, je ne suis pas réellement inquiet », ajoute le directeur du commerce France Peugeot.
Pour Citroën, ce marché s'est ouvert depuis peu avec le référencement dans les car policy de la nouvelle C3 ce qui devrait permettre à ce modèle de trouver sa place dans le canal. Les résultats de mars seront déterminants

Très haut niveau des véhicules de démonstrations

 Les loueurs de courte durée et les véhicules de démonstration restent finalement les deux seuls canaux qui augmentent. Ainsi 16,4% des cartes grises émanent des loueurs de courte durée (+1,6 %) et 13,6 % pour les VD (+17,3 %). Ainsi un tiers du marché repose sur un canal à fabriquer des véhicules d'occasion.