2 millions, enfin. Le marché du véhicule particulier neuf a enfin repassé le cap hautement symbolique des 2 millions d’unités écoulées en 2016. Une première depuis 2011. Et encore…N’oublions pas qu’à l’époque, le marché avait été artificiellement porté par la prime à la casse. Le contrecoup les années suivantes fut à la hauteur du succès rencontré en 2009, 2010 et 2011.
En réalité, notre marché hexagonal a retrouvé l’an passé son rythme de croisière d’avant crise. 2 millions de d’immatriculations, c’est le point d’équilibre.

Cette hausse de 5,1% des volumes, conforme à nos prévisions, est une bonne nouvelle pour toute la filière. Les distributeurs en profitent d’autant que le marché d l’occasion est resté dynamique lui aussi. Les volumes écoulés sont conformes, voire supérieurs aux objectifs fixés. Nous le savons tous, ne pas atteindre les objectifs est à la fois difficile à gérer sur le plan managérial mais aussi destructeur de valeur. En effet, dans cette situation, la tentation de se lancer dans une guerre commerciale qui lamine les marges est grande. Préserver les prix et donc les marges, est une préoccupation permanente pour toute la profession. Les résultats financiers 2016 des constructeurs automobiles seront très positifs et illustreront cette rentabilité retrouvée. L’évolution favorable du mix des ventes au profit de voitures mieux margées a également impacté positivement les comptes des industriels.

Par ailleurs, la production automobile sur notre territoire national poursuit son rebond porté également par la bonne santé des principaux marchés européens.

 

Quels sont les moteurs de cette croissance retrouvée ?

L’élément principal est économique. Le lien entre la croissance économique et les volumes écoulés est très important. Pour 2016, la croissance devrait se situer autour de 1,3%. Ce niveau peut paraître faible au regard du contexte exceptionnel donc nous bénéficions depuis plusieurs trimestres : taux d’intérêts historiquement bas, prix du pétrole sous les 50 dollars en moyenne sur l’ensemble de l’année et une remontée du dollar qui a bénéficié à nos entreprises exportatrices. Mais si cette croissance reste faible, elle est suffisante pour passer le cap des 2 millions.
Quand on regarde dans le détail les ventes par canal de clientèle, ce sont les loueurs qui ont tiré le marché vers le haut avec une progression de près de 10% (loueurs courte et longue durée). Les ventes aux sociétés ont terminé l’année en hausse de 8,5% tandis que celles aux particuliers sont restées stables par rapport à 2015. Mécaniquement, la part des ventes aux particuliers a baissé pour passer sous les 48% et seuls 3,3% des ménages ont procédé à l’acquisition d’un véhicule neuf en 2016. C’est très faible mais cela laisse une marge de progression significative.

Pour 2017, à L’Observatoire Cetelem nous tablons sur une hausse de 2,5% de ce marché des particuliers. Plusieurs éléments nous incitent à être optimistes. La croissance devrait rester au même niveau qu’en 2016 ce qui est suffisant pour les fameux 2 millions. Par ailleurs, la croissance de ces dernières années s’est faite sur des bases saines et solides. Aucune aide publique n’est venue accélérer artificiellement les immatriculations et il n’y a pas de contrecoup à craindre.


Les particuliers de retour ?


Les ventes aux particuliers pourraient enfin repartir de l’avant. Deux éléments peuvent favoriser ce rebond. D’abord l’amélioration du marché du travail. La baisse du chômage enclenchée depuis 1 ans est de nature à redonner progressivement confiance aux Français. Or l’achat d’une voiture neuve, dont le prix de vente moyen tourne autour de 25 000 euros, nécessite d’avoir un minimum confiance dans l’avenir. Il faut ensuite noter que la faiblesse des ventes aux particuliers depuis la fin de la prime à la casse laisse une marge de progression importante. Tous les clients qui ont profité de cette aide publique en 2010 et 2011 vont devoir changer de voiture. C’est un réservoir d’acheteurs potentiels très important.

Pour autant, tout n’est pas gagné et la clé de la réussite se trouve en grande partie entre les mains des commerciaux. Celles et ceux qui, tous les jours, sont face aux clients. Ce client qui hésite, qui compare, qui négocie les prix est difficile à convaincre. Ce sont les vendeurs qui font la différence. C’est un métier difficile, pas toujours aussi valorisé qu’il le faudrait mais stratégique. De la performance des équipes commerciales, dépendent les résultats. La formation joue bien sûr un rôle majeur dans la réussite des équipes mais il ne faut pas sous-estimer l’impact du management. Une bonne équipe commerciale mal managée devient mauvaise. Bien sûr, la rémunération est un outil managérial essentiel.

2017 devrait donc être une bonne année pour l’automobile en France et en Europe. Dans le monde, le marché est à son plus haut historique et devrait y rester. Comme toujours lorsqu’il s’agit de faire des prévisions, il convient de rester prudent car il y a toujours des risques qui sont difficiles à évaluer. Le risque géopolitique en est un exemple.