C’était une situation provisoire qui a duré deux ans. L'Etat français a enfin cédé le 2 novembre 2017 les actions Renault acquises il y a deux ans lorsqu’Emmanuel Macron était ministre de l'Economie, pour obtenir les droits de vote double au sein du groupe.

Cette cession de 4,73% du capital du constructeur automobile, réalisée via un placement auprès d'investisseurs institutionnels, permet à l'Etat de redescendre à 15,01% du capital de Renault au terme de l'opération. C’est ce qu’a indiqué l'Agence des participations de l'Etat (APE).

Cette opération à fait grimper de 3%, ce vendredi matin, 3 novembre 2017, le cours de l'action de Renault.

"Un succès stratégique" selon Bruno Le Maire


Rappelons qu'en avril 2015, Emmanuel Macron avait décidé de faire monter l'Etat au capital de Renault en passant de 15,01% à 19,74% afin d'imposer en assemblée générale l'application de la "loi Florange" qui récompense les actionnaires de long terme par des droits de vote double.

L'acquisition de titres Renault avait déclenché des mois de crise en 2015 entre le japonais Nissan et le gouvernement français, avant un compromis encadrant l'influence de l'Etat au sein de Renault.

"Cette opération est donc un succès stratégique, obtenu dans des conditions patrimoniales favorables puisque l’État enregistre une plus-value de plus de 55 millions d’euros sur cette opération", a estimé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Financer l'innovation de rupture



Les 14 millions d'actions avaient été acquises à 86 euros en avril 2015, proche du cours de clôture de 86,60 euros le jeudi 2 novembre 2017 à la Bourse de Paris.

Si l'on tient compte de tous les dividendes versés par Renault, l'opération a rapporté au total 1,21 milliard d'euros à l'APE, soit un montant très proche de la valorisation de ces 14 millions d'actions au cours du jour.

Cette cession s'inscrit dans un ambitieux programme de cessions d'actifs pour 10 milliards d'euros, annoncé en juillet par le ministre des Finances, Bruno Le Maire, afin de financer un fonds destiné à l'innovation de rupture, promis par Emmanuel Macron pendant la campagne.

Renault rachète une partie des actions pour les salariés


Par ailleurs, Renault a souhaité prendre part à l'opération dans le cadre de son programme de rachat d’actions, en acquérant 1,4 million, soit 10% de l'ensemble des titres cédés par l'Etat.

L'entreprise entend réaliser une offre réservée aux salariés et anciens salariés de Renault, afin de leur permettre de participer aux performances du groupe.