Après la phase d’essai, l’heure est à la mise en place d’une ambitieuse politique d’électrification des bus franciliens. La RATP et Ile-de-France Mobilités passent ainsi à la vitesse supérieure et projettent d'en acheter jusqu'à un millier de bus.

Le principal opérateur francilien et l'autorité organisatrice régionale ont annoncé un appel d'offres massif portant sur 250 à 1.000 véhicules fonctionnant grâce à des batteries. Montant maximum de l’achat : 400 millions d'euros.

"Mon ambition est de doter la Région de 100% de véhicules propres en 2025 pour la zone dense (Paris, villes de petite couronne et grandes agglomérations régionales). C'est un enjeu de santé publique et un enjeu industriel majeur en ligne avec notre volonté de faire de l'Ile-de-France une métropole attractive et écologique", a déclaré Valérie Pécresse, présidente du conseil régional et d'Ile-de-France Mobilités (ex-Stif).

2/3 de bus électriques, 1/3 au biogaz


L'objectif est d'avoir à terme deux tiers de bus électriques et un tiers de bus au biogaz. La RATP avait annoncé en mai viser 80% de bus électriques pour sa flotte.

L'appel d'offres pour la RATP porte sur des "bus électriques standards" longs de 12 mètres dont les premiers exemplaires de série devront être livrés fin 2020. Il n'y aura pas de grand vainqueur: le marché sera divisé en trois lots égaux. Le résultat est attendu dans un an.

"L'équipement massif de notre parc en bus électriques démontre notre ambition de devenir un acteur incontournable de la transition énergétique dans le secteur du transport public", a de son côté commenté la PDG de la RATP Catherine Guillouard.
 

Français, chinois et espagnols sur les rangs


L'entreprise publique a notamment testé des matériels de sept constructeurs: les français Heuliez, Bolloré et NTL-Alstom, le franco-chinois Dietrich Carebus-Yutong, le chinois BYD, l'espagnol Irizar et le polonais Solaris, des essais jugés "globalement satisfaisants".

Des enquêtes ont été menées auprès des voyageurs et des conducteurs pour recueillir leurs avis.

Il faudra aussi adapter, dans un délai très contraint, les dépôts de ses bus à l'électrique. 
Et il y aura logiquement d'autres appels d'offres pour "verdir" la flotte de la Régie, qui compte actuellement 4.700 bus, donc 800 bus hybrides, 140 bus bioGNV (biogaz) et 74 bus électriques.

Parallèlement, Ile-de-France Mobilités compte lancer très prochainement un appel d'offres portant sur "environ 450 bus" électriques destiné au réseau Optile, exploité par des opérateurs privés en grande couronne.

Des gains d'échelle espérés


Le but du jeu est pour l'autorité organisatrice et les opérateurs d'obtenir des prix plus bas en commandant plus: en fixant le prix à 400 millions d'euros pour 1.000 bus, Ile-de-France Mobilités et la RATP espèrent les payer 400.000 euros pièces, quand les prix actuels atteignent largement les 500.000 euros. Deux fois plus cher qu'un bus diesel...

Rechargés au dépôt, au terminus ou en station selon les modèles, la plupart des bus électriques ont une autonomie théorique de 200 à 300 km --et moins si l'on branche la climatisation ou le chauffage--, ce qui convient en zone dense.

Côté RATP, la ligne de bus 341 est déjà 100% électrique, avec 23 bus en circulation. Les lignes 115 et 126 sont en train de recevoir dix véhicules chacune pour tester de nouvelles technologies de bus électriques, selon la RATP. D'autres doivent être équipées ces prochains mois, dont sans doute l'emblématique ligne 72, qui longe la Seine à Paris.

"Les attributions des lignes concernées par les bus de l'appel d'offres ne sont pas encore décidées", explique-t-on à la RATP, notant que le réseau va bientôt être profondément remodelé.


Chez les autres opérateurs franciliens, des expérimentations sont essentiellement menées à Argenteuil (Val-d'Oise) avec Transdev et Versailles (Yvelines) avec Keolis.