L'Ufip, qui porte la voix de Total, ExxonMobil, Shell et consorts ne goûte que très peu la volonté de l'exécutif de ne plus voir de véhicules thermiques vendus à compter de 2040 : "C'est trop simpliste de dire "plus de pétrole". Cela veut dire que l'on a pas fait le tour de la question, même à haut niveau" soupire à la tribune Francis Duseux, le président de l'Ufip.
Et de souligner toutes les applications où le pétrole est indispensable : chimie, plasturgie, fabrication de bitume... et bien entendu, mobilité. Une mobilité où le pétrole règne encore et toujours en maître : 98% de l'énergie du transport serait fossile en France, tandis que selon les divers scénarios présentés par l'Ufip, la demande en pétrole ne cesserait d'augmenter  dans les années à venir.

En témoignent d'ailleurs les livraisons de carburants en 2017 en France : +0,5% de consommation de carburants routiers, avec un gazole "où l'on commence à observer un plateau, voire une légère décroissance" tandis que les essences progressent de "3 à 4%" d'après M. Duseux. Le gazole a beau afficher une tendance baissière, il représente toujours 80% du volume des carburants consommés : "Même si l'on prend des mesures sur les achats de véhicules neufs, il faut beaucoup de temps pour avoir un impact sur la consommation des produits" rappelle encore le président de l'Ufip. 

Les diesels et le gazole ne sont pas encore du passé, et pour cause : "Imposer le véhicule électrique (VE) pourrait entraîner d'immenses problèmes écologiques" souligne encore Francis Duseux. De l'extraction des terres rares au bilan carbone de la fabrication de la batterie, l'intéressé ne loupe pas un item ou le VE avoue certaines faiblesses.
Mais le problème provient d'abord de la manière dont on produit l'électricité pour alimenter le VE selon M. Duseux, sachant que lecharbon et les centrales qui fonctionnent avec sont 'l'ennemi" de l'environnement. Un "ennemi" éradiqué en France, certainement pas en Allemagne ou en Pologne... "Je ne tire pas à boulets rouges sur l'électrique, il s'agit même de la seule solution à court terme pour résoudre les problèmes de pollution dans les villes. Mais sur les longs trajets, ce n'est pas encore la solution" termine le président, qui exhorte l'exécutif à cesser d'opposer les énergies les unes aux autres.