Comment vont les marques françaises ?


En phase avec un contexte économique plutôt tourné vers l’optimisme, le marché automobile français a bien démarré l’année 2018 : 156 851 ventes, soit une progression de 2,5% par rapport à janvier 2017. Peugeot, porté par le succès du duo 3008-5008, enregistre une hausse de 10,5% de ses ventes. La marque sochalienne en profite pour se hisser au premier rang des palmarès des constructeurs, comme en janvier 2017 d’ailleurs, mais franchit cette fois la barre des 20% de pénétration : 20,1% exactement.

Un très beau résultat en comparaison de ses performances en janvier 2017 (18,6 %), et sur l’ensemble de l’année 2017 (17,4%). Sur un mois, Peugeot n’avait pas atteint cette altitude depuis septembre 2006, avec un pic à 21,2 %.

Cette performance, même si Renault est en recul, tire les résultats globaux des marques françaises vers le haut : 49,4% de part de marché en janvier 2018. Mieux qu’en janvier 2017 (48,7%) et que sur l’ensemble de l’année 2017 (47,7%). En ajoutant Dacia, filiale de Renault, elle aussi en verve en ce mois de janvier (ventes en hausse de 14,3%), les couleurs françaises recouvrent la majorité du marché : 55,8%. Le vent souffle dans leurs voiles : leur part, Dacia inclus, était de 54,7% en janvier 2017, et de 53,7% sur l’ensemble de l’exercice 2017.

Les marques françaises tiennent donc bien leur territoire, et regagnent même quelques hectares par rapport aux marques étrangères, dont la poussée avait paru un temps irrésistible : 1,5 point de mieux de pénétration que voilà cinq ans, en janvier 2013 (54,3%). Un constat positif pour les couleurs tricolores : il n’est pas d’exemple, dans le secteur automobile, d’une industrie nationale qui progresse à l’exportation sans garder une forte base sur son sol.


Combien de ventes saines ?



Un marché automobile français en hausse en janvier 2018, c’est bien. Des ventes tactiques en recul, c’est encore mieux. Le marché français est en effet marqué, depuis une bonne dizaine d’années, par une progression constante des ventes aux loueurs de courte durée et aux concessionnaires. Un mouvement qui peut s’avérer à terme dangereux pour la santé financière des constructeurs et l’équilibre du marché de l’occasion : ces deux canaux de distribution, sous couvert d’immatriculations de voitures neuves qui viennent grossir les comptes du marché français, sont en effet des machines à fabriquer des occasions récentes (loueurs), voire à très faible kilométrage (concessionnaires). Un peu, ça va. Trop, ça ne va plus.

Ce flux est-il stabilisé à un étiage normal ? Trop tôt pour le dire : pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, le mois de janvier, traditionnellement faible en ventes aux loueurs (ce n’est pas la saison), ne peut annoncer la tonalité de l’année. Mais toute bonne nouvelle met du baume au cœur. En voici une : 73,0 % de ventes saines (aux particuliers et sociétés) en janvier 2018, contre 69,8% en janvier 2017. Il en faudra néanmoins d’autres pour revenir à un niveau satisfaisant : voilà cinq ans, en janvier 2013, les ventes aux particuliers et sociétés pesaient 80% du marché français. Elles étaient tombées à 70% sur l’ensemble de l’année 2017…

Données statistiques : Bertrand Gallienne et AAA
Infographie : Thierry Buyse