Le soleil brille pour l’industrie automobile qui surfe sur une croissance mondiale des ventes de voitures neuves ininterrompue depuis 8 ans. Quelle autre industrie peut en dire autant ? C’est assurément une très bonne nouvelle pour l’ensemble de la filière qui, ne l’oublions pas, doit relever de nombreux défis nécessitant des investissements colossaux. En effet, la voiture autonome et les nouvelles motorisations mobilisent des sommes considérables en R&D et ce n’est que le début. La bonne santé financière des constructeurs est une condition sine qua none pour inventer la voiture de demain.

En 2017, il devrait s’écouler plus de 95 millions de véhicules légers neufs dans le monde battant ainsi le record de 2016, avec une 8ème année consécutive de hausse. Rappelons qu’en 2009 les ventes mondiales avaient touché un point bas de 62 millions d’unités. Depuis, les immatriculations ont progressé de plus de 50%...

La barre symbolique des 100 millions devrait être franchie d’ici 2020. Les pays émergents vont continuer à tirer la croissance avec une Chine qui reste de loin le premier marché mondial (28,5 millions en 2017).  L’Amérique du sud (3,7 millions) repart en croissance de même que le marché indien.

A plus long terme, nul doute que l’Afrique deviendra le principal relais de croissance. Le continent reste sous-équipé en véhicules et son développement économique entraînera immanquablement une augmentation du taux d’équipement des ménages.

Aux USA, le marché se stabilise à un niveau élevé, autour des 17 millions de voitures neuves vendues chaque année. L’Europe continue d’avancer avec une hausse des immatriculations de 5,3% depuis le début de l’année. Les principaux marchés (Allemagne, Italie, Espagne et France) affichent une solide performance. Seul le Royaume-Uni fait exception. Le Brexit n’est pas étranger à cette contre performance.

En France, la progression à fin juin est de 3 %. Le mois de juin a été bon (+1,6 %) et la tendance haussière devrait se confirmer au cours des prochains mois. Ceci a conduit L’Observatoire Cetelem à réviser à la hausse ses prévisions pour l’ensemble de l’année. Nous tablons désormais sur 2 100 000 immatriculations (+4,2%). Ce niveau est nettement supérieur au rythme annuel moyen de ces 20 dernières années qui se situe à 2 034 000.

Quelles sont les raisons qui expliquent ces bonnes performances ? D’abord, la voiture reste très populaire : 90% des automobilistes ont une bonne image de la voiture (source L’Observatoire Cetelem 2017) et seuls 17% d’entre eux déclarent pouvoir se passer d’une voiture. Que cela plaise ou non, l’automobile reste incontournable dans la mobilité quotidienne.

La reprise se confirme

Mais au delà de l’image et de la place de la voiture dans le monde, c’est bien le contexte macro-économique qui impacte le plus les volumes des ventes. Or, la reprise économique se confirme. Le FMI vient de réviser à la hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2017 (3,5%) et 2018 (3,6%). C’est la première fois depuis plus de 3 ans que le Fonds monétaire international opère un tel mouvement. De son côté, la Commission européenne vient, dans ses traditionnelles prévisions de printemps, de relever celle de la croissance pour la zone euro en 2017 à 1,7% contre +1,6%.

Il faut dire que l’activité économique profite pleinement de la faiblesse des prix du pétrole qui varient depuis plusieurs mois dans une fourchette comprise entre 40 et 55 dollars. Le pétrole de schiste américain qui est devenu rentable autour de 50 dollars de baril, vient réduire à néant les efforts de l’Opep pour réduire sa production et soutenir les cours. Depuis octobre 2016, la production américaine a grimpé de plus de 850 000 barils par jour (bj) pour atteindre 9,305 millions de bj à la mi-mai. Des prix du pétrole qui restent faibles c’est bon pour les marges des entreprises, c’est bon pour le pouvoir d’achat des ménages.

Les taux d’intérêts qui restent à des niveaux historiquement faibles sont également très favorables à la croissance. Est-il utile de rappeler l’importance du crédit dans l’acquisition d’une voiture ? Des taux bas c’est aussi des frais financiers plus faibles. Les concessionnaires automobiles en ont vu l’impact positif dans leurs comptes sur ces dernières années. De leur côté, les particuliers ont tous renégocié leur crédit immobilier ce qui leur a redonné du pouvoir d’achat.

Les objectifs seront atteints sans difficulté cette année. Il n’y aura donc pas de course aux volumes avec les effets dévastateurs que l’on connaît sur les marges. Cela devrait permettre aux constructeurs et aux distributeurs d’enregistrer une excellente année sur le plan financier. Pour autant, le piège serait de rester inactif et de se laisser porter par cette conjoncture favorable. C’est quand tout va bien qu’il faut se réinventer. C’est aussi ce qui fait l’intérêt de cette industrie : elle est en perpétuelle mutation et les défis à relever sont nombreux.