Les jeux sont presque faits. Les comptes au soir du jeudi 28 décembre, à deux jours de la clôture de l’exercice, indiquaient 2 092 087 immatriculations. Le marché français franchira donc en 2017 la barre des 2,1 millions de voitures vendues : son meilleur score depuis 2011 (2,204 millions), et une progression d’environ 6% par rapport à 2016 (2,015 millions). Il prolonge ainsi une trajectoire perpétuellement ascendante depuis 2013, où il était, il est vrai, tombé à niveau très bas (1,790 million).

Bien sûr, toutes les marques ne sableront pas le champagne le 31 décembre à minuit. Car la bonne forme générale du marché français recouvre des états de santé divers d’un constructeur à l’autre. Dans l’ensemble, les couleurs françaises restent hissées haut. Les constructeurs tricolores représentent 53,3% du marché 2017, quasiment le même poids qu’en 2016 (53,5%) et mieux que voilà cinq ans (52,5%). Cependant, le vent de l’histoire pousse à l’internationalisation des marchés. Il est donc logique que les constructeurs français, dont les ventes ont beaucoup progressé hors de leurs frontières, concèdent en retour une part de leur sol aux marques étrangères. Mais elles gardent un fort socle en France, au-delà des 50%, et leur repli semble s’être stabilisé.

Très bon millésime 2017 pour Peugeot


Notons que cette position dominante des constructeurs français doit toutefois beaucoup à Dacia, émanation directe de Renault. Son apport (5,6% de ventes en 2017) fait en effet pencher la balance du bon côté. Dacia ne cesse de grimper : la marque ne pesait « que » 4,3% du marché en 2012. Et fait partie des onze marques qui battront en 2017 leur record de ventes en France.


Le marché français franchira en 2017 la barre des 2,1 millions de voitures vendues
Peugeot, grâce au triomphe du 3008 et de sa version longue 5008, a également réalisé une très belle année 2017 : environ 367 000 ventes, + 11% par rapport à 2016, et une pénétration en nette hausse, 17,4% contre 16,7% l’an dernier. Longtemps handicapée par une gamme vieillissante, Citroën s’est redressée dans les derniers mois 2017 avec les lancements de la C3 et du C3 Aircross, deux modèles bien accueillis par le public. La marque aux Chevrons a ainsi limité la casse : 9,5% de part de marché en 2017, contre 9,7% en 2016.

Situation contrastée pour Renault : ventes en hausse (+ 4,1%), mais pénétration en baisse (19,8%, contre 20,2% en 2016). En soi, rien d’inquiétant. Sauf que la gamme Renault, à l’exception de la Clio et du Captur, est -très- jeune : elle a été intégralement renouvelée ces deux dernières années.


Peugeot 3008

Dans le camp des marques étrangères, Mercedes-Benz, Audi, BMW, Kia, Hyundai, Mini, Skoda, Jeep, Porsche et Lexus peuvent également se frotter les mains : elles ont battu en 2017 leur record de ventes en France.

Satisfaction également de mise chez celles qui ont enregistré en 2017 une croissance de leurs ventes à deux chiffres, et donc nettement supérieure à celle du marché français (+ 6,0%) : Toyota (+ 15%), Fiat (+ 12%), Suzuki (+ 23%), Seat (+ 14%), Mazda (+ 14%) et Alfa Romeo (+ 30%) font partie des happy few.

Toujours plus de ventes « tactiques »... 


Ce concert de louanges doit toutefois être assorti d’un bémol : la mariée est moins belle qu’il n’y parait, car la progression du marché français est largement alimentée par les ventes dites « tactiques » : loueurs de courte durée, véhicules achetés par les concessionnaires et aussitôt remises en devanture sous forme d’occasions récentes, voire « zéro kilomètre ». La part des ventes tactiques ne cesse en effet d’augmenter : 25,9% en 2012, 28,1% en 2016, 29,7% en 2017. Certes, Avis ou Europcar ont besoin de voitures de location, le réseau de véhicules de démonstration ou de courtoisie. Mais là, c’est trop : d’ailleurs, pour la première fois de l’histoire du marché français, les ventes à particuliers et à sociétés sont passées en 2017 sous la barre des 70%.

Une nouvelle fois, l’analyse appelle des nuances. En effet, toutes les marques ne jouent pas à ce jeu, et certaines gardent ainsi une part de ventes à particuliers et à sociétés nettement supérieure à la moyenne du marché français (69,8%) : citons Dacia (87%), Suzuki (85%), Mini (81%), Toyota (79%) ou encore Audi (77%), par exemple. Dacia, 5ème marque de France au nombre global des immatriculations, grimpe ainsi au 3ème rang au classement des ventes à particuliers (98 740 unités), au détriment de Citroën (93 457) et Volkswagen (66 714). Peugeot, avec 73% de ventes à particuliers et sociétés, se pose également au-dessus de la moyenne du marché. Ce n’est pas le cas de Renault et Citroën : 68% pour chacune.

Market 2017 Digest
• Bon cru 2017 pour le marché français : il va repasser au-dessus des 2,1 millions de ventes, son meilleur score depuis 2011
• Les marques françaises résistent bien à l’assaut de constructeurs étrangers : elles gardent, avec Dacia, 53,3% du marché
• Un bémol, toutefois : pour la première fois de l’histoire du marché français, les ventes à particuliers et sociétés vont passer en 2017 sous la barre des 70%

Bonne année et rendez-vous mardi 2 janvier, avec les chiffres consolidés de l'exercice 2017.