Philippe Buros
Philippe Buros, directeur commercial France de Renault et Dacia : « Le groupe Renault est celui qui progresse le plus auprès de la clientèle des particuliers et celui qui régresse le plus en matière de ventes tactiques (…) Sur le mix Renault, nous sommes globalement satisfaits.

Nous observons une grosse poussée sur les segments A et B, je pense que nous profitons d’un effet « prime à la conversion ». Le segment C est resté stable, tandis que le D demeure compliqué en France
(…)

Les résultats de l’électrique sont un peu en recul car nous avons du mal à livrer le portefeuille de commandes, mais aussi en raison de la modification des règles d’attribution du superbonus cette année. Concernant Dacia, le nouveau Duster est un véritable raz-de-marée, tandis que la Sandero profite bien elle aussi de l’effet « prime à la conversion » (…)

Nous avons réalisé un bon premier trimestre, nous pouvons donc être optimistes quant aux résultats du premier semestre, surtout au regard du portefeuille de commandes… »


Guillaume Couzy
Guillaume Couzy, directeur de Peugeot France : « Nous nous attendions à ce ralentissement en raison, notamment, de l’effet de saisonnalité du marché, avec certaines marques qui poussent fort à l’approche de la fin de chaque trimestre. Sur ce troisième mois, la différence avec Renault repose avant tout sur les canaux tactiques.

Nous avons perdu la première place mais celle-ci demeure avant tout symbolique, et ne constitue pas une finalité. Ce qui nous anime avant tout est de gagner chaque mois des parts de marché sur les canaux des particuliers et des sociétés.

En mars, nous affichons une part de 17% sur le marché des particuliers et de 25 % sur celui des entreprises (VP). Nous sommes réguliers au fil des mois et ne connaissons pas de trous d’air
(…)

La prime à la conversion, que nous avons étendue sur les véhicules âgés de plus de 12 ans, se révèle plutôt bénéfique. Environ 30% de nos commandes auprès des particuliers se sont accompagnées de la reprise d’un VO de plus de 12 ans. Nous vendons principalement des 108, 208 et 2008 via cette prime. A fin mars 2018, notre portefeuille de commandes était supérieur de 10 % par rapport à fin 2017. Nous avons réduit les délais de livraison à deux mois sur les 3008 et 5008 GT, modèles les plus touchés l’an passé. Si l'on ajoute à cela un marché automobile plutôt bien orienté, tout laisse à penser que le deuxième trimestre sera aussi porteur que le premier ».


Amaury de Bourmont
Amaury de Bourmont, directeur commercial de Citroën et de DS pour la France.
"Avec une progression de 5,2% sur un marché VP+VU à 3,5%, Citroën regagne du terrain. En VP, nous avons réalisé une performance acceptable, avec des résultats bien orientés en commandes.

Nous souffrons de problèmes de production en C3 Aircross, qui représente trois mois de portefeuille. Nous comptons bien livrer ces véhicules dans la seconde partie de l’année, ce qui représentera un potentiel de 40% à 50% de ventes en plus. Il en va de même pour C3, nous aimerions avoir des voitures en plus. C’est un problème de riches.

Nous sommes également très satisfaits du démarrage des ventes de C4 Cactus, notamment à particulier. Pour cela, nous travaillons étroitement avec les agents.
Notre objectif, avec Citroën, est de nous maintenir de façon pérenne au-dessus des 10% de part de marché en VP.

Chez DS, notre rigueur dans les lancements de produits et la préparation du réseau portent leurs fruits. Nous constatons une augmentation de la fréquentation dans les showrooms.

Sur un marché premium en baisse de 3% au premier trimestre, nous atteignons une pénétration de 8,3% (et de 9,2% en mars). Les deux tiers des ventes se font à particulier.

En BtoB, nous avons un problème de référencement que nous réglons progressivement. Notre mix est très bon car 3 voitures sur 4 sont vendues avec le niveau supérieur. Les clients piochent allègrement dans la liste des équipements et des options
".

Qui est le client de DS ? "Au départ, le client DS résultait de la fidélisation de clients de Citroën, maintenant, nous faisons de la conquête auprès de clients de marques premium qui représentent environ un tiers de notre clientèle. La campagne d’essai pour faire découvrir la DS7 Crossback en avril dans les 120 salons de la  marque y contribue".

Quel objectif de pénétration dans le premium ?
« On n’est pas dans une logique de part de marché. Nous devons d’abord établir la notoriété de la marque. La part de marché viendra naturellement derrière. »
Pour ce qui est du plan produit,
Amaury de Bourmont, rappelle que « la marque tiendra le rythme annoncé d’un lancement par an, ce qui représente beaucoup de travail ».