La vente de véhicules directement sur Internet, une évolution inéluctable ? Certains y croient plus que d'autres. Britta Seeger, la directrice du marketing et des ventes de Mercedes, fait sans doute partie des convaincues. Elle a fait savoir, à l'occasion d'un évènement annuel organisé par nos confrères d'Automotive news, qu'elle s'attendait à voir 25% des ventes de véhicules neufs et d'occasion se faire sur le web d'ici 4 ans, soit en 2022. Une sacrée prophétie, sachant que Mercedes ne vend pas de voitures sur Internet aujourd'hui, hormis l'expérience italienne avec la marque Smart.

La vente de véhicules directement sur la toile est déjà en place à l'heure actuelle, essentiellement pour ce qui concerne l'occasion. Le puissant site américain Carvana propose un parcours 100% digital pour acquérir un véhicule. En France, Aramisauto.com, qui a pour actionnaire PSA, permet aussi à qui le veut d'acheter son VO et de se le faire livrer sans bouger de son canapé. Les initiatives promotionnelles, qui sont en réalité des tests grandeur nature, se multiplient entre les marques automobiles et un site comme Vente-privee.com, ou bien encore avec Amazon.

Aucune marque n'a toutefois franchi le pas de la vente en ligne, toujours si l'on excepte Smart en Italie. Dacia avait aussi essayé en 2012 de l'autre côté des Alpes, avant de se raviser un an plus tard. Volvo, depuis sa reprise en main par Geely, promet aussi de la vente en ligne depuis plusieurs années... Le sujet est pour autant toujours d'actualité.
Lionel French-Keogh, directeur général de Hyundai en France, l'a évoqué le 23 janvier à l'occasion de la présentation des résultats de la marque coréenne. Il répondait à une question relative à une éventuelle arrivée sur le marché français de Genesis, la marque premium de Hyundai : "La grande question à laquelle il faudra répondre, c'est "comment les distribue-t-on ?" s'est-il interrogé tout haut. Et d'évoquer une piste "100% digitale" pour les Genesis, ou bien un schéma classique de distribution avec le réseau...

Les constructeurs ne sont peut être pas encore prêts pour vendre en ligne. Ils ne seraient qu'au diapason de leurs clients, si l'on en croit une étude en ligne réalisée par le groupe Argus : 56% des sondés n'envisagent pas d'acheter une auto sans la voir et l'essayer ; 30% sont d'accord pour l'acheter en ligne, mais à la condition qu'un essai préalable soit possible. Seuls 14% des répondants seraient prêts à franchir le pas du 100% numérique !