Alors que l’hypothèse de la présidence du Medef confiée à Jean-Dominique Senard a fait grand bruit et que le feuilleton relatif au vrai-faux départ de Carlos Ghosn de la tête de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et par extension, de sa succession, sature les radars médiatiques, la préparation du passage de témoin de la présidence de la gérance du groupe Michelin restait peu commentée. Après quelques hésitations, Jean-Dominique Senard vient donc d’officialiser qu’il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat.

Dès lors, dans le cadre du processus de sélection et en application des statuts de la société, « le conseil d’administration de la SAGES a émis une proposition qui a été présentée par son président, Jacques de Chateauvieux, au conseil de surveillance de la société lors de sa séance du 9 février 2018. Le conseil de surveillance, à l’unanimité, a émis un avis favorable sur la proposition de la SAGES. Une réunion des associés commandités s’est tenue par la suite, au cours de laquelle la proposition de la SAGES a été approuvée par Monsieur Jean-Dominique Senard », apprenons-nous par voie de communiqué. Et de poursuivre : « il a en conséquence été décidé de soumettre, dès la prochaine Assemblée de la société en mai 2018 : d’une part, au titre de l’assemblée générale extraordinaire, la nomination de Florent Menegaux en tant que gérant commandité, et d’autre part, titre de l’assemblée générale ordinaire, la nomination d'Yves Chapot en tant que gérant non-commandité ». 

La mise en avant de Florent Menegaux ne constitue pas une surprise. Tout d’abord, il représente le changement dans la continuité. La continuité, dans la mesure où il occupe des responsabilités au sein du groupe depuis 1997, avec d’excellents résultats en tant que directeur général des opérations depuis 2014. Mais aussi le changement, car sa jeunesse (il n’a pas encore 56 ans) en fait l’homme tout désigné pour piloter opérationnellement le vaste plan de réorganisation et de modernisation du groupe annoncé l’an passé par Jean-Dominique Senard. De surcroît, à l’image de Jean-Dominique Senard, Florent Menegaux est brillant, mais volontiers discret et toujours affable, ce qui correspond à la philosophie de Michelin. Par ailleurs, peu d’observateurs imaginaient que Michelin allait recruter à l’extérieur du groupe. Enfin, outre Florent Menegaux, les autres pistes internes n’étaient pas légion, même si le nom de Marc Henry, directeur financier du groupe, revenait aussi avec récurrence.

Parallèlement, la nomination d’Yves Chapot, directeur des lignes business automobile depuis janvier dernier (il supervise les lignes business automobile marques mondiales B2C, automobile marques régionales B2C, automobile première monte et les trois régions : Afrique Inde Moyen-Orient, Asie de l’Est et Australie, Chine) est un symbole de l’actuelle réorganisation du groupe, plaçant notamment la performance opérationnelle au cœur du système.