En marge de la présentation des résultats annuels du groupe, Michelin a annoncé un rapprochement avec Mobivia pour développer l’enseigne A.T.U en Allemagne. « Afin de porter A.T.U (Auto-Teile-Unger), son enseigne allemande du centre auto, dans une nouvelle phase de croissance et d’offrir aux clients d’A.T.U une expérience sans cesse améliorée, Mobivia, leader de l’entretien et de l’équipement automobile multimarques en Europe, s’associe à Michelin, leader mondial de l’industrie du pneumatique, qui entre au capital d’A.T.U, via une participation minoritaire de 20 % pour un montant de 60 millions d’euros », explique le groupe dans un communiqué avant de préciser : « Créé en 1985, A.T.U est aujourd'hui le premier réseau national de centres auto en Allemagne, principal marché de l’après-vente automobile en Europe. L’enseigne exploite 577 centres automobiles en Allemagne, 25 en Autriche et 6 en Suisse. A.T.U a rejoint le groupe Mobivia en décembre 2016. L’enseigne vient compléter le maillage territorial du spécialiste européen de l’entretien automobile multimarques avec ses marques historiques Norauto, Midas et Carter-Cash. Mobivia est aujourd'hui la principale chaîne de maintenance et de réparation automobile en Europe avec plus de 2 030 ateliers et magasins de détail, plus de 20 000 collaborateurs et un chiffre d’affaires annuel total de 2,7 milliards d’euros ».

Fort d'une capacité d'investissement avérée, Michelin ne s'interdit aucun développement 



« La sécurisation de l’accès aux marchés est essentielle, et nous ne perdons jamais de vue cet impératif. Cela peut se faire de manière directe ou indirecte, sans négliger l’importance grandissante du e-retail », a répété à plusieurs reprises Jean-Dominique Senard. Dans cette optique, les accords conclus avec Sumitomo Corporation of Americas fin 2017 (coentreprise détenue à parité et formant le numéro 2 de la distribution de gros aux Etats-Unis et au Mexique) et hier avec Mobivia (en rapport avec A.T.U) revêtent une importance de premier ordre pour le groupe Michelin. Jean-Dominique Senard n’a d’ailleurs pas fermé la porte à la conclusion d’autres accords de ce type à court terme, pas plus qu’à d’éventuelles opérations de croissance externe. Pour certains analystes, cela pourrait avoir du sens en Chine, pour mieux occuper le segment « budget », « un marché encore très éclaté et appelé à connaître une vague de concentration », dixit Jean-Dominique Senard, qui pointe aussi le problème des surcapacités dans le pays.