Le changement est structurel. D’une année à l’autre, le cœur du marché français, les particuliers, représente un peu moins de la moitié des immatriculations de voitures neuves.

On note toutefois une pause. En 2017, sur un marché tous canaux qui a progressé de 4,7%, les achats des ménages ont augmenté... de 4,7% à 1,044 million d’unités. Seulement 49,5% des cartes grises ont été émises pour les particuliers, un pourcentage identique à celui de 2016.

Essor des VD, stagnation de la LCD


Dans le même temps, les ventes dites tactiques, qui permettent aux constructeurs d’écouler leur production sans trop réduire la cadence des usines, ont encore légèrement progressé. Elles totalisent 26,7% du volume total (contre 25% en 2016).

Petite évolution : ces ventes de pilotage se composent sans cesse davantage de véhicules de démonstration (15,8% du marché en croissance de 13,7%) alors que les livraisons aux loueurs de courte durée semblent avoir atteint leur apogée à 10,9% du marché après une progression de "seulement" 5,8%.

Le B to B se cherche


Quant aux ventes aux entreprises et aux loueurs de longue durée, elles tendent à se tasser (22,1% du marché en 2017 contre 23,2% en 2016). Malgré les efforts des marques et de leurs réseaux pour développer le B to B, la France ne devient pas un marché de flottes à l’instar du Royaume-Uni.

Sur le marché des particuliers, c’est encore Dacia qui tire le mieux son épingle du jeu, avec une progression de 7,9% (contre + 6,6% sur le marché tous canaux). La marque roumaine s’octroie 9,7% des ventes à particuliers et devance sur ce terrain Citroën (9,6%) et Volkswagen (6,4%).

Volkswagen : les limites d'une tactique


On constate que la marque allemande a joué à fond les ventes tactiques pour limiter l’effondrement de ses immatriculations. Alors que son volume global se tasse de 2,6%, ses livraisons aux particuliers dégringolent de 8,2%. On se rappelle que, selon des informations de la presse allemande, l’ancien patron du groupe Volkswagen France, Jacques Rivoal, aurait été contraint à la démission pour avoir « truqué » les chiffres d’immatriculations, un secret de Polichinelle que Wolfsburg aurait fait mine de découvrir.

Lui reprochait-on un excès de ventes tactiques devenu soudain inacceptables? Quoi qu’il en soit, les choses semblent devenir plus "raisonnables". Sur le seul mois de décembre, les ventes à particuliers de Volkswagen sont stabilisées et la pénétration de la marque sur ce canal atteint le niveau flatteur de 8%. Un chiffre de bon augure pour 2018.