Faut-il voir le verre à moitié ou à moitié vide? Les résultats financiers de Nissan pour les trois premiers trimestre de son année fiscale 2017-2018 qui s'achète fin mars, peuvent générer des commentaires contradictoires.

Le constructeur japonais a en effet annoncé un bénéfice net en hausse de 40% sur les neuf premiers de son exercice 2017/18 grâce à la réforme fiscale américaine. Mais, dans le même temps, son activité a souffert du scandale de certifications au Japon révélé l'an dernier.

Le partenaire de Renault a de nouveau abaissé sa prévision de bénéfice opérationnel, désormais attendu à 565 milliards de yens (4,2 milliards d'euros), au lieu de 645 milliards, soit un recul de 24% sur un an. Il cite aussi "un ralentissement de la croissance des ventes et des ajustements d'inventaires sur le marché américain".

Au cours de la période d'avril à décembre, le résultat net s'est élevé à 578,1 milliards de yens, contre 414,2 milliards un an plus tôt. A l'image de ses compatriotes Honda et Toyota qui ont déjà publié leurs résultats, Nissan a profité de moindres charges fiscales du fait de la refonte des impôts adoptée fin 2017 par le président américain Donald Trump.

Le prix du scandale japonais


Si l'on enlève cet élément exceptionnel, le constructeur affiche une performance médiocre, conséquence du scandale: son résultat opérationnel a ainsi chuté de 27,6% à 364,2 milliards de yens.

Il a dû rappeler en septembre plus d'un million de véhicules neufs fabriqués et commercialisés dans le pays depuis 2014, après avoir constaté de mauvaises pratiques dans leur inspection finale. Cette tâche était menée depuis des années par du personnel non habilité à inspecter les véhicules destinés au marché japonais.

Nissan a aussi dû suspendre temporairement en octobre une partie de sa production dans les usines du pays.

Au Japon, ses ventes ont été affectées par ce problème, mais "la forte demande pour les mini-voitures" a permis au groupe d'afficher une hausse de 9,7% en volume.

Le coup de pouce américain


Aux Etats-Unis, son premier marché, elles ont modestement avancé de 1,1%, tandis qu'en Chine, priorité du constructeur, elles ont augmenté de 9,8%.

Sur l'ensemble de l'exercice qui s'achève fin mars, la réforme fiscale américaine a permis à Nissan de relever sa projection de bénéfice net à 705 milliards de yens (+6,3%), au lieu de 535 milliards précédemment escomptés, tandis que le chiffre d'affaires est toujours attendu à 11.800 milliards de yens (+0,7%).